Martin Fayulu : « Tshisekedi dit qu’il ne peut pas organiser les élections en 2028 sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, mais son référendum qu’il veut organiser… »

Rédaction Mbote
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Le débat sur la révision constitutionnelle en République Démocratique du Congo vient de prendre une tournure ironique. Martin Fayulu, opposant farouche à tout changement de la loi fondamentale, a mis le président Félix Tshisekedi face à ses propres contradictions. Le sujet de la discorde ? La situation sécuritaire à l’Est, utilisée selon lui comme un argument à géométrie variable par le pouvoir.

Alors que le Chef de l’État a récemment affirmé qu’aucune élection ne pourrait se tenir en 2028 sans la participation du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, Martin Fayulu s’est empressé de soulever une question qui dérange les stratèges de la présidence.

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Le Kivu, « exclu » du référendum mais « indispensable » pour 2028 ?

Pour Martin Fayulu, le discours présidentiel manque de logique interne. Si l’intégrité territoriale est un préalable non négociable pour les élections générales, pourquoi ne le serait-elle pas pour un changement de Constitution ?

« Tshisekedi dit qu’il ne peut pas organiser les élections en 2028 sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, mais son référendum qu’il veut organiser, ça sera aussi sans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu ? », s’est interrogé le leader de Lamuka.

Par cette interrogation, Fayulu souligne ce qu’il considère comme une manœuvre politique : le pouvoir serait prêt à avancer sur un référendum constitutionnel (qui pourrait remettre les compteurs de mandats à zéro) sans se soucier de l’avis des populations de l’Est, tout en utilisant ces mêmes populations comme motif pour un éventuel report des élections de 2028.

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Une stratégie de « glissement » déguisée ?

L’opposant soupçonne le régime de préparer un terrain où la guerre servirait d’alibi pour prolonger le mandat actuel, tout en forçant un changement de règles de jeu via une nouvelle Constitution. Selon Fayulu, si le Kivu est trop instable pour voter des députés ou un président, il l’est tout autant pour voter un changement radical de régime politique.

Cette réplique de Fayulu vise à briser le narratif officiel qui présente le changement de Constitution comme une nécessité pour le développement du pays. En ramenant le débat sur le terrain de l’égalité des citoyens devant le vote, il accuse Félix Tshisekedi de faire une sélection opportuniste des rendez-vous démocratiques.

Un test de cohérence pour la majorité

Cette sortie met la majorité au pouvoir dans une position délicate. Si le projet de référendum est maintenu malgré l’insécurité à l’Est, il sera difficile pour le camp présidentiel de justifier plus tard un report des élections générales de 2028 pour les mêmes raisons sécuritaires.

Pour Martin Fayulu, la conclusion est simple : la Constitution actuelle n’est pas le problème, c’est l’application des principes démocratiques qui fait défaut.

En pointant cette “faille” dans le raisonnement de Félix Tshisekedi, il espère mobiliser une population de plus en plus sceptique face aux promesses de changement institutionnel alors que la guerre, elle, continue de faire rage.

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