En marge des travaux du UK-DRC Forum à Londres, le ministre de la Communication et Médias, porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, s’est adressé avec une fermeté renouvelée à la communauté internationale et à la diaspora congolaise.
Revenant sur la dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est et l’officialisation de la coalition politique et militaire réunissant l’ancien président Joseph Kabila et la rébellion de l’AFC/M23 (Front pour la refondation de la nation – FRN), le porte-parole de l’exécutif a rejeté l’idée d’un conflit interne pour recadrer la nature même de la guerre.
« Joseph Kabila sort comme un joker poussé par Kigali »
Analysant les ressorts géopolitiques de l’escalade sécuritaire entamée fin 2021, Patrick Muyaya a dénoncé ce qu’il qualifie de tentative de « congolisation » d’une agression extérieure planifiée par le pouvoir rwandais.
Selon le ministre, la sortie de l’ancien chef de l’État ne reflète pas une force politique autonome, mais l’aboutissement d’une stratégie de recrutement de figures congolaises destinée à masquer le rôle de l’armée étrangère :
« L’ex-président Joseph Kabila et sa bande n’arriveront pas à Kinshasa. Si vous avez vu la sortie du président honoraire, en réalité, il sort comme un joker. Vous savez, quand on sort le joker, c’est qu’on est arrivé à bout. Parce que le président rwandais, lorsqu’il commence ce conflit en novembre 2021, il n’y aucun Congolais qui n’apparaît. Parce que plus nous montions dans notre stratégie, plus il voulait avoir les apparents. Il a pris celui qui était à la tête de la CENI, je ne le cite jamais. Ensuite, il a recruté celui qu’il a recruté pour penser que l’agression allait changer de statut. Il n’y a pas de rébellion en RDC, c’est bel et meurtrissante une agression rwandaise. »
Une ligne rouge franchie : « Il n’y a pas de rébellion, c’est une agression »
Pour le gouvernement de Kinshasa, la présence de personnalités congolaises aux côtés des insurgés de l’ancien président de la CENI Corneille Nangaa à Joseph Kabila aujourd’hui ne saurait changer la qualification juridique et politique de la crise.
En qualifiant les mouvements de troupes et les ralliements de “stratagème de façade”, le porte-parole du gouvernement réaffirme que le pouvoir issu des urnes défendra la capitale et l’intégrité territoriale avec la plus grande rigueur.
Cette mise au point lance également un avertissement aux acteurs politiques nationaux tentés de s’associer à cette démarche, alors même que les tractations de l’opposition avec la mouvance du FRN à Goma suscitent de fortes menaces de poursuites judiciaires de la part du ministère de l’Intérieur.
