Le conflit entre Ninho et son ancien label Mal Luné Music explose au grand jour suite à la sortie du documentaire Netflix Le prix à payer. Le rappeur y dénonce des contrats inéquitables et des millions d’euros détournés. Mal Luné Music riposte en publiant des extraits de contrats et des preuves comptables pour défendre sa gestion.
Les accusations de Ninho : millions manquants et catalogue bloqué
Ninho affirme avoir été lésé de plusieurs millions d’euros sur sa tournée Destin et dénonce le blocage de son catalogue initial (MILS à Jefe) par le label. Son avocate, Christine Aubert-Maguéro, a découvert des irrégularités comptables ayant permis de récupérer 500 000 € d’impayés via mise en demeure. Le rappeur estime n’avoir touché que 10 % sur ses albums et 0 % sur ses tournées, bien en deçà des revenus réellement générés.

La contre-attaque du label : 2,18 millions versés
Mal Luné Music dément catégoriquement et publie ses comptes, affirmant avoir versé à Ninho 2,18 millions d’euros nets entre 2016 et 2025. Le label détaille les royalties échelonnées (10-12 % sur les albums, jusqu’à 20 % sur les mixtapes) et décompose le partage de la tournée Destin (340 513 € pour Ninho contre 209 597 € pour le label).

Le label pointe également du doigt Warner Music France et Décibels Productions, d’autres acteurs de la chaîne.
Un débat qui révèle l’opacité du secteur
Au-delà du conflit personnel, ce bras de fer expose les failles structurelles de l’industrie musicale : asymétrie informationnelle, dépendance contractuelle prolongée et gestion comptable peu transparente. Mal Luné Music annonce envisager des poursuites judiciaires contre les producteurs du documentaire pour “présentation biaisée”.
Les tribunaux auront le dernier mot
Ce cas emblématique soulève une question cruciale pour l’industrie : comment garantir une répartition équitable dans une chaîne fragmentée entre producteurs, labels, distributeurs et plateformes ? Ninho pourrait relancer une action en justice pour réclamer d’autres compensations, tandis que le documentaire Netflix continue de sensibiliser le public sur les pratiques opaques des labels envers les artistes.
