La journaliste Myriam Boketshu est la cible d’insultes sexistes sur les réseaux sociaux après avoir exprimé son avis sur l’accord de Kingakati. Ses détracteurs la qualifient de « momie maquillée » et demandent son arrestation, soulevant des questions sur la liberté d’expression et la place des femmes dans le débat public.
Des insultes pour un simple avis. Myriam Boketshu, journaliste reconnue pour ses interventions et ses questions percutantes sur Radio Top Congo FM, est devenue la cible d’une campagne de harcèlement en ligne après avoir donné son point de vue sur le présumé accord de Kingakati, signé fin 2018 entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. Lors d’une émission « Le Débat », elle a rappelé que l’ancien président avait déclaré en 2025 être en possession d’une copie de cet accord controversé, qu’il promettait de rendre publique. Elle a également estimé que si Joseph Kabila choisissait de s’engager dans une lutte pacifique, cela relevait de son droit. Cette prise de position modérée a déclenché une vague d’attaques personnelles et sexistes, certains internautes la qualifiant notamment de « femme maquillée comme une momie ». Au-delà de la critique politique, ces réactions révèlent une intolérance troublante envers les femmes qui osent s’exprimer dans le débat public.
Quand le désaccord politique devient persécution
Les réactions hostiles à la journaliste dépassent largement le cadre d’une simple controverse politique. Sur les réseaux sociaux, des internautes se présentant comme proches de personnalités politiques multiplient les attaques personnelles et sexistes contre elle. D’autres vont jusqu’à réclamer son arrestation, transformant ainsi une divergence d’opinions en campagne de persécution. Ces attaques illustrent un phénomène troublant : l’utilisation d’insultes dégradantes, particulièrement celles ciblant l’apparence ou la féminité, pour réduire au silence les femmes journalistes. Cette tactique d’intimidation cherche visiblement à dissuader Myriam Boketshu et d’autres femmes de s’engager dans le débat démocratique.
Un enjeu fondamental pour la démocratie congolaise
Cette affaire pose des questions essentielles sur la santé démocratique en République démocratique du Congo. La liberté d’expression et le respect de celles et ceux qui contribuent au débat public demeurent les fondements de toute démocratie. Or, quand exprimer une opinion, même controversée, expose un journaliste à des attaques personnelles et des appels à l’arrestation, c’est l’ensemble du système démocratique qui est fragilisé. Le débat démocratique doit reposer sur la confrontation des idées, non sur les insultes, les intimidations ou les menaces. Le désaccord politique ne saurait justifier le harcèlement ni les violences verbales à caractère sexiste envers les femmes qui osent prendre la parole.
