Le gouvernement congolais hausse le ton face aux initiatives politiques se rapprochant des mouvements rébellieux.
Lors du dernier Conseil des ministres, le Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Jacquemin Shabani, a adressé une mise en garde solennelle à l’ensemble de la classe politique, rappelant les dispositions légales strictes encadrant le fonctionnement des partis en République Démocratique du Congo.
L’application rigoureuse de la loi de 2004
Au cœur de son intervention, le patron de la territoriale et gestionnaire légal des formations politiques a exhumé les dispositions clés de la loi n° 04/002 du 15 mars 2004 portant organisation et fonctionnement des partis politiques.
Jacquemin Shabani a rappelé sans ambiguïté que le cadre légal congolais interdit formellement à toute organisation politique de créer, d’entretenir ou d’entretenir des liens avec des activités militaires, paramilitaires ou assimilées.
Il a averti que son ministère n’hésitera pas à saisir les instances judiciaires compétentes pour obtenir la dissolution pure et simple de tout parti politique pris en flagrant délit de violation de ces règles républicaines.
Une alerte directe sur fond d’annonces de la coalition C64
Cette prise de parole ferme intervient dans un climat d’extrême tension politique et sécuritaire. La mise en garde du Vice-Premier ministre répond directement aux récentes déclarations de la coalition C64.
Ce regroupement politique avait en effet annoncé son intention de se rendre à Goma, ville sous pression de la rébellion du M23/AFC, dans le but d’y rencontrer l’ancien président Joseph Kabila.
Pour le pouvoir central à Kinshasa, toute démarche politique visant à se rapprocher des zones sous contrôle d’entités rebelles ou à nouer des alliances stratégiques avec des acteurs associés à la rébellion franchit la ligne rouge de la légalité.
En réaffirmant que la loi sera appliquée dans toute sa rigueur, Jacquemin Shabani entend fermer la porte à toute forme de légitimation politique des groupes armés, plaçant les acteurs de l’opposition et de la société civile face à leurs responsabilités juridiques.
