Le dossier autour du décès de Manassé Lomboto et l’arrestation de l’opposant Prince Epenge ne cesse de rebondir. Alors que le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, avait affirmé depuis Moscou que le militant avait succombé à une maladie, balayant l’hypothèse d’une agression, la réponse n’a pas tardé à venir des rangs de l’opposition.
Installé en Europe au sein de la délégation du C64 après sa libération, Jean-Marc Kabund a tenu à apporter un témoignage direct et diamétralement opposé à la version officielle, relançant la polémique au cœur de l’arène politique.
Un témoignage oculaire pour contredire la thèse de la maladie
Intervenant pour contester les affirmations du Chef de l’État et justifier la position de ses alliés face aux poursuites visant Prince Epenge, Jean-Marc Kabund soutient avoir assisté aux événements de ses propres yeux :
« J’ai vu de mes propres yeux Manacé Lomboto participer à cette marche. Je l’ai aperçu quelques minutes seulement avant l’attaque à la machette dont nous avons été victimes devant le siège de l’UDPS, votre propre parti politique », a-t-il déclaré, se disant prêt à témoigner devant les instances judiciaires compétentes au nom d’une « vérité » qu’il juge bâillonnée.
Pour l’ancien collaborateur devenu critique du pouvoir, l’explication médicale avancée par les autorités ne reflète pas la réalité des faits de cette journée du 15 septembre, transformant un différend sur les causes du drame en un bras de fer judiciaire et médiatique.
La critique frontale de la chaîne de transmission au sommet de l’État
Au-delà du cas spécifique de Manassé Lomboto, Jean-Marc Kabund en a profité pour adresser une critique acerbe à l’égard de l’entourage présidentiel et des services de sécurité, les accusant d’enfermer le Chef de l’État dans une bulle d’information biaisée :
« Vos services de sécurité et certains de vos collaborateurs semblent avoir compris qu’il suffit de vous servir les informations qui confortent vos convictions pour gagner vos faveurs. À force de vouloir vous plaire, ils vous désinforment, vous isolent de la réalité et vous installent dans une dangereuse illusion. Or, aucune opération de communication ne peut effacer les faits, encore moins faire disparaître la vérité », a-t-il asséné.
Un duel de récits au cœur de la bataille politique
Cette sortie de Jean-Marc Kabund illustre la complexité du climat sociopolitique actuel, où chaque camp tente d’imposer sa vérité à l’opinion publique.
Tandis que la majorité républicaine insiste sur la rigueur de l’État de droit, la séparation des pouvoirs et la réalité des expertises médicales pour encadrer les poursuites contre Prince Epenge, l’opposition par la voix de ses figures en exil ou en détention cherche à politiser chaque recoin de l’affaire pour dénoncer ce qu’elle qualifie de dérive autoritaire.
Une bataille de narratifs qui montre que la question de la vérité judiciaire autour de la marche du 15 septembre reste plus que jamais au centre des tensions entre le pouvoir et ses opposants.
