Dans une lettre ouverte adressée au Président Félix Tshisekedi, l’opposant Moïse Katumbi dénonce avec vigueur le projet de sponsoring de clubs de football européens par le gouvernement congolais, qu’il qualifie de « décision irresponsable et moralement inacceptable ».
Signée depuis Washington ce 16 juillet, la lettre est un véritable plaidoyer contre ce qu’il perçoit comme une déconnexion totale du pouvoir face aux souffrances du peuple congolais.
« Un père digne de ce nom peut-il nourrir les enfants des autres pendant que les siens ont le ventre vide ? », interroge-t-il, cinglant.
Selon les révélations de plusieurs médias, au moins 43 millions de dollars auraient été engagés dans cette opération visant à inscrire le nom du Congo sur les maillots de clubs européens dans le but d’améliorer l’image du pays à l’international. Une stratégie que Moïse Katumbi dénonce comme une « provocation », alors que le pays fait face à une crise humanitaire majeure, avec plus de 7 millions de déplacés internes et 25 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire sévère.
« Dans ces camps, des familles entières survivent sans eau, sans soins, sans école, sous des bâches en lambeaux. En République démocratique du Congo, l’urgence est humanitaire, pas médiatique », rappelle-t-il.
Katumbi, également président du TP Mazembe, l’un des clubs les plus titrés du continent, connaît bien le milieu. Il s’indigne de voir l’État injecter des millions dans des clubs étrangers, alors qu’il est incapable de boucler son propre championnat national, interrompu faute de budget.
« On débloque des millions pour des clubs européens richissimes, alors qu’on ne trouve pas 600 000 dollars pour finir notre championnat. Les clubs historiques comme Sanga Balende n’ont même plus les moyens de transporter leurs joueurs. »
Pour Katumbi, cette initiative gouvernementale illustre un mal plus profond : le fétichisme de l’image, la priorité donnée à l’international plutôt qu’aux urgences sociales du pays. Il y voit une forme de « complexe d’infériorité érigé en politique d’État ».