Jorthy Mokio choisit la RDC

À 18 ans, Jorthy Mokio, jeune talent de l'Ajax formé en Belgique, a choisi de représenter la RDC plutôt que les Diables Rouges. Un choix qui divise, mais que le joueur affirme être du cœur, non de l'opportunisme.

Redaction Mbote
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Jorthy Mokio venait de prendre sa décision. Seul contre tous. Contre sa famille. Contre son agent. Contre les attentes de la Belgique. À 18 ans à peine, ce diamant que l’Ajax polissait avait choisi de représenter la RDC. Il l’avait écrit sur Instagram : “Je suis Congolais de cœur.” C’était clair. C’était définitif. Et cela avait provoqué un véritable choc. Pas seulement chez les supporters des Diables Rouges. Dans tout le football belge. Comment un jeune talent, formé en Belgique, ayant déjà porté le maillot belge, pouvait-il abandonner tout cela pour un projet congolais ? La question était logique. Mais la réponse, elle, venait du cœur. Et c’était peut-être là que résidait toute la beauté du geste.

Un choix qui dérange parce qu’il est sincère

Après Mukau et Sadiki, c’était le choix le plus sincère de la décennie. C’était ce que les observateurs disaient. Et ils avaient raison. Parce que contrairement à tant d’autres, Jorthy Mokio n’avait pas attendu d’être rejeté par la Belgique pour se tourner vers la RDC. Il n’était pas un plan B. Il n’était pas un compromis. Il était un choix actif. Un choix mûri. Un choix qui dérangeait précisément parce qu’il n’avait aucune logique opportuniste.

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La Belgique lui avait donné tant de choses. Mokio l’avouait lui-même. Mais avec le temps, son lien avec le Congo s’était renforcé. Jusqu’à devenir quelque chose qu’il ne pouvait plus ignorer. Ce n’était pas une décision de la tête. C’était une décision du cœur. Et voilà précisément ce qui dérangeait les Diables Rouges. Parce que la logique du football moderne, c’est que les jeunes talents choisissent le meilleur projet. Le plus grand championnat. Le plus grand prestige. Le meilleur salaire. Personne n’était censé choisir l’amour. Personne n’était censé choisir l’identité. Personne n’était censé choisir la RDC quand on pouvait avoir la Belgique.

Le lobbying de ceux qui avaient osé avant lui

Mais Mokio n’était pas venu à cette décision seul. Il y avait eu des voix. Des voix de jeunes joueurs qui avaient fait le même choix avant lui. Noah Sadiki. Ngal’ayel Mukau. D’autres. Ils avaient parlé à Mokio du Congo. De l’importance de la RDC. Du projet national. Ils lui avaient montré que c’était possible. Qu’on pouvait être belge et choisir la RDC. Qu’on pouvait être formé en Europe et représenter l’Afrique. Et Mokio les avait écoutés.

Sébastien Desabre, le sélectionneur, avait probablement aussi joué un rôle. Mais le vrai travail, c’était les joueurs qui l’avaient fait. Les joueurs qui avaient connu le doute, qui avaient hésité, qui avaient finalement choisi de rentrer à la maison. C’était un lobbying de proximité. Un lobbying du cœur. Pas des promesses de contrats ou de salaires. Juste des histoires. Des témoignages. Des preuves que le choix était possible et que le chemin était déjà frayé.

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Seul contre tous, même contre son agent

C’était là que la sincérité de Mokio devenait éclatante. Son entourage entier s’était opposé à lui. Sa famille voulait la Belgique. Son agent voulait la Belgique. Tout le monde voulait la Belgique. Et Mokio avait dit non. Il avait dit non malgré les pressions. Il avait dit non malgré les doutes. Il avait dit non malgré l’absence de soutien. Et puis il avait annoncé sa décision, et son agent avait paniqué. Il y avait eu une campagne de désinformation. Des tentatives de dissuasion. Parce que pour un agent, perdre un jeune talent, c’était perdre des revenus futurs. C’était perdre une commission. Et aucun agent ne voulait cela.

Mais Mokio n’avait pas cédé. À 18 ans, il avait eu plus de courage que beaucoup d’hommes à 30 ans. Il avait regardé son entourage en face et il avait dit : “Vous vous trompez. Mon cœur sait ce qu’il veut.”

La barrière réglementaire : deux ans, c’est long

Il y avait un problème, cependant. La FIFA imposait une période d’au moins deux ans avant qu’un joueur ayant déjà représenté une sélection puisse en changer. Mokio avait joué une sélection avec la Belgique en mars 2025. Il devrait donc attendre 2027 avant de pouvoir jouer pour la RDC. Ce qui signifiait qu’il manquerait probablement la Coupe du Monde 2026. La RDC revenait à la Coupe du Monde après 52 ans. Et Mokio ne serait pas là.

Le jeune joueur l’acceptait. Il l’avait écrit noir sur blanc : “Je sais que cette annonce soulèvera des questions concernant les délais réglementaires de la FIFA. J’en ai pleine conscience et je les accepte totalement.” C’était presque surhumain comme acceptation. Comme si, pour Mokio, représenter la RDC était plus important que de jouer la Coupe du Monde. Plus important que la gloire. Plus important que la reconnaissance mondiale. C’était juste du Congo. C’était juste de revenir à la maison.

Une brèche dans le règlement ?

Mais il y avait une brèche. Une toute petite brèche dans le règlement de la FIFA. Mokio était mineur quand il avait reçu sa première sélection. Il n’avait que 17 ans en mars 2025. Et il n’avait joué qu’une seule sélection. Pas trois. Ces deux éléments pouvaient, potentiellement, donner à la FIFA une interprétation différente du règlement. Il n’était pas probable que cela se produise. Mais ce n’était pas impossible.

Les observateurs parlaient d’un dossier inédit. Juridiquement complexe. Qui pourrait être étudié sous un angle particulier. Et si, contre toute attente, la FIFA acceptait ? Et si Mokio pouvait jouer la Coupe du Monde 2026 ? Ce serait une surprise. Une victoire. Mais Mokio avait déjà eu sa victoire. Il avait déjà choisi son chemin. Tout le reste était du bonus.

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