COVID-19: le football doit-il être régulé ?

Depuis plusieurs mois le football professionnel dans le monde entier subit une forte perte économique à cause de la pandémie de coronavirus. Beaucoup de clubs, institutions sportives et les dirigeants des clubs sont mis à genoux face à ce satané virus. Quelques personnalités du ballon rond appellent à une profonde réforme du football, supposément nécessaire après la crise du Covid-19.

Face à cette problématique, une question émerge: pendant cette période marquée par le Covid-19, le football professionnel doit-il être régulé?

En cette période de la pandémie, des professionnels du football se posent des questions, si le football doit-il changer de modèle, la majorité trouvent que le football doit se « réformer » pour retrouver son économie réelle. Cette maladie à crée une dégradation brutale de la situation économique du football professionnel dans les quatre coins du monde.

Nos recherches à ce sujet sous-entendent qu’il faut changer le modèle économique du sport et notamment celui du football en Europe et en Afrique. Pour sortir du bout du tunnel, après cette situation du Covid-19, les dirigeants des équipes doivent user de trois principes entre autres:

  • mettre fin à des transferts « inacceptables »;
  • baisser les « gros » salaires des joueurs professionnels;
  • refaire des nouveaux contrats pour les joueurs avec des salaires revus à la baisse, etc.

D’autres managers sportifs sont pour un arrêt définitif de cette saison afin de reprendre la prochaine dans des bonnes conditions, car l’impact financier est très relatif. Ils trouvent aussi qu’Il y a trop de risques sanitaires pour les footballeurs.

De fait, il est possible que des contrats de sponsoring et de publicité soient renégociés à cause de cette pandémie de coronavirus. Plusieurs clubs rencontrent beaucoup de difficultés pour exécuter le paiement des joueurs.

En effet, les clubs professionnels de football sont aujourd’hui plongés dans une incertitude ambiante, alors que certains semblent être au bord de la faillite. De nos jours, il n’y a que quatre principales sources de revenus des clubs de football:

Citons en guise d’exemple les droits TV, qui représentent la ressource économique principale des clubs,
le sponsoring,
la billetterie,
le merchandising. Il faut savoir qu’aujourd’hui, il n’y a presque plus dans le football des subventions publiques.

Dans les clubs professionnels, il y a souvent des échanges des services, mais il y a rarement du cash qui part dans les équipes venant des bailleurs de fond.

Ainsi, quelles seraient les conséquences de la crise du Covid-19 pour les clubs de football?

Si vous regardez les quatre sources de revenu épinglées ci-dessus, chacune demeure affectée par la crise du Covid-19, mais pas dans la même mesure. Concernant les droits TV: les discussions sont en cours actuellement entre les diffuseurs et la Ligue ou le championnat, pour savoir si les diffuseurs vont débourser ce qu’ils s’étaient engagés à payer contractuellement.

En effet, il y aurait une clause qui énonce que, quand il n’y a pas de compétition, ils ne payent pas. Ce sont des débats juridiques. Donc pour cette source de revenus, elle est a priori assurée aujourd’hui, mais avec des modalités particulières. Ensuite, il y a tout le reste: sponsoring, billetterie et merchandising.

Les clubs peuvent être inquiets: le sponsoring est mis à mal, car il y a des partenaires économiques qui ne pourront finalement pas honorer leurs contrats. Il faut également prendre en compte la question du chômage: s’il augmente de manière sensible, cela va impacter d’une manière ou d’une autre le pouvoir d’achat des supporters.

Enfin, concernant le merchandising: ce n’est pas une ressource essentielle, ce sont surtout les trois autres (droits TV, billetterie et sponsoring) qui sont aujourd’hui assez inquiétantes.

Certains clubs ont choisi de baisser les salaires de leurs joueurs pour pouvoir payer le reste de leurs salariés.

Qu’adviendra-t-il de ces clubs si la crise perdure?

La grosse difficulté des clubs à ce jour, c’est la problématique relative à la trésorerie: l’argent qui devait rentrer dans les caisses ne rentre plus. Et en parallèle, il y a des charges qui, elles, sont décaissables ou décaissées; en l’occurrence les salaires. C’est pour cela qu’aujourd’hui les clubs négocient pour diminuer leurs charges décaissées: dans plusieurs formations, les joueurs ont accepté de baisser leurs salaires jusqu’à la fin du championnat.

Ces clubs ne risquent-ils pas la faillite?

Bien évidemment, oui, tant certains d’entre eux semblent englués dans des situations économiques particulièrement bouleversantes. Il risque d’y avoir de nombreuses faillites, des faillites dues à des problèmes de cessation de paiement, c’est-à-dire des clubs qui sont incapables de trouver du cash pour payer leurs charges à court terme.

C’est tout à fait ce à quoi on peut assister, si jamais les joueurs refusent de diminuer leurs salaires et si trop de partenaires quittent ces clubs, qui se retrouvent dans la situation de ne pas pouvoir payer ce qu’ils s’étaient engagés à payer. On imagine aisément que le Covid-19 des séquences sur les prochains mercatos.

Dans quelle mesure ces transferts seront-ils affectés?

À mon humble avis, je pense qu’on va assister à des scénarii un peu curieux: le marché du travail des sportifs professionnels est très clairement segmenté. D’un côté, celui des superstars; de l’autre, celui des joueurs plus anecdotiques, plus échangeables.

Et j’estime que le segment des superstars va être assez peu impacté. Il y aura toujours des clubs capables de payer des grosses sommes pour des joueurs qui changent vraiment la donne, certes. Par contre, le segment des joueurs « interchangeables » va être plus affecté. On va assister à la fois à une baisse du nombre de transferts ainsi qu’à une baisse des indemnités de transferts parce que ce sont ces clubs-là.

Ces derniers qui nourrissent ce marché-là, qui vont être les plus touchés: des clubs moyens de milieu de classement. On va aussi avoir davantage de prêts et d’échanges de joueurs qui correspondent à des stratégies comptables d’arrangements entre clubs.

Andy André MUKANYA analyste financier et social

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