Constant Omari : « Quand j’étais président, quel entraîneur rendait compte à la Présidence de la République plutôt qu’à la FECOFA ? »

Redaction Mbote
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L’ancien président de la Fecofa, Constant Omari Selemani, accuse la Confédération Africaine de Football et les autorités politiques d’avoir interféré dans les élections fédérales, compromettant la gouvernance du football congolais. Il regrette une gestion défaillante de ses successeurs.


Constant Omari Selemani poursuit son diagnostic critique de la gouvernance du football congolais en dénonçant les ingérences systématiques qui ont marqué les scrutins à la tête de la Fédération Congolaise de Football Association. S’exprimant lors d’un X Space animé par le journaliste Stanis Bujakera, l’ancien président de la Fecofa livre une analyse sans concession des dysfonctionnements institutionnels qui ont fragilisé l’instance fédérale. « Je me suis imposé de ne pas m’exprimer sur le football congolais, surtout sur les élections », confesse-t-il d’entrée, avant de justifier sa prise de parole actuelle par la gravité de la situation.

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L’ingérence comme cause racine

Pour Constant Omari, l’ingérence constitue le « fondamental de tous ces problèmes » qui secouent la Fecofa. Il pointe deux sources principales de cette ingérence délétère : d’abord la CAF, qui « s’est beaucoup ingérée », puis le pouvoir politique congolais lui-même. Ces deux niveaux d’intervention externe ont créé un environnement électoral pourri, incapable de produire une gouvernance légitime et efficace. « Après, on a compris quel était l’objectif », affirme-t-il énigmatiquement, suggérant que ces ingérences répondaient à des calculs précis de la part des acteurs externes. Cette analyse révèle une tension structurelle entre les institutions fédérales et continentales d’une part, et entre les structures sportives et l’État d’autre part.

Une gestion défaillante des successeurs

Constant Omari exprime aussi son déception face à ses successeurs à la tête de la Fecofa. « Si les amis que j’avais laissés à la FECOFA avaient bien géré les choses, il n’y aurait pas eu d’ingérence ni de normalisation », déclare-t-il, suggérant que la faiblesse gestionnaire de ses prédécesseurs a ouvert la porte aux interventions externes. L’ancien président établit implicitement un lien de causalité : une Fecofa forte et bien gouvernée aurait pu résister aux pressions de la CAF et du gouvernement. Cette critique indirecte de ses anciens proches témoigne d’une certaine amertume face à l’évolution de l’institution qu’il dirigeait.

Une rupture de principe sous sa présidence

Pour illustrer l’ampleur de la dégradation, Constant Omari mobilise un argument révélateur : « Quand j’étais président, quel entraîneur rendait compte à la Présidence de la République plutôt qu’à la FECOFA ? » Cette question rhétorique établit un contraste saisissant avec la situation actuelle, où les structures techniques du football congolais sembleraient opérer sous des pressions politiques directes. Sous sa présidence, la Fecofa aurait ainsi conservé son autonomie institutionnelle, préservant la frontière entre le football et les calculs politiques. Cette affirmation renforce sa posture d’homme ayant incarné une gouvernance respectueuse de l’indépendance fédérale.

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Un appel implicite à la restauration

L’analyse de Constant Omari constitue un appel implicite à un retour aux principes de gouvernance qu’il incarnait. En pointant l’ingérence comme cause racine des problèmes actuels, il suggère que seule une Fecofa libérée des pressions externes pourrait redresser le football congolais. Cette prise de parole, bien que centrée sur les élections fédérales, s’inscrit dans un contexte plus large d’interrogations sur l’autonomie des institutions congolaises face aux ingérences internes et externes.

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