DJ Arafat : Tina Glamour lance une procédure judiciaire contre l’exploitation illégale de l’héritage musical

Redaction Mbote
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Tina Glamour, mère du défunt DJ Arafat, a engagé une action judiciaire contre le producteur David Monsoh pour exploitation non autorisée de l’héritage musical de son fils, estimé à plusieurs milliards de FCFA. Cette affaire soulève des questions cruciales sur la protection des droits d’auteur en Afrique à l’ère du numérique.

Une mère en colère face au pillage de l’héritage

Sept ans après la mort accidentelle d’Ange Didier Houon, dit DJ Arafat, le 12 août 2019 à Abidjan, son héritage musical continue de circuler librement dans les circuits de l’industrie musicale. Tina Glamour, figure emblématique de la culture ivoirienne et mère du roi du coupé-décalé, en a assez. Le 10 mai 2026, elle a publié une vidéo émouvante et colérique sur les réseaux sociaux dénonçant la diffusion illégale de plusieurs chansons inédites de son fils. Elle a rappelé avec force : “Arafat a une famille.” Selon elle, des publications récentes ont exploité le nom, l’image et la voix de son fils sans consultation préalable de la famille. Tina Glamour a indiqué avoir déposé une plainte au Pôle pénal économique et financier d’Abidjan.

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Le lendemain, son avocat Me Alain Bokola, représentant les enfants mineurs d’Arafat et la mère du musicien, a publié une mise en demeure formelle adressée à un ancien producteur basé à Paris. L’avocat lui reproche d’exploiter sans autorisation les droits d’auteur et les droits voisins du musicien décédé. Me Bokola a accordé un délai de deux mois pour cesser ces activités et engager une démarche amiable. À défaut, des poursuites seront lancées simultanément devant le Pôle pénal économique et financier d’Abidjan et devant des juridictions françaises avec l’appui d’avocats partenaires mobilisés à Paris.

Des albums posthumes sans consentement et l’IA qui ravive les voix mortes

Cette action judiciaire s’inscrit dans un contexte complexe d’exploitation répétée. Le 8 mai 2026, un album posthume intitulé “Unique” avait été mis en circulation par le label Obouo Music sans l’accord des héritiers. Ce n’est pas une première : en août 2025, un album appelé “In Memory” avait provoqué une réaction identique de la famille. Ces pratiques répétées révèlent une absence de contrôle sur l’exploitation commerciale de l’image et de la musique du défunt artiste.

Plus troublant encore, en 2026, un titre inédit intitulé “ATTOTE” a été diffusé. Il aurait été produit à partir d’une synthèse vocale par intelligence artificielle, reconstituant la voix du chanteur disparu. Me Bokola conteste farouchement la légalité de cette pratique au regard des droits moraux détenus par les héritiers. Le préjudice total estimé par l’avocat, toutes affaires confondues, atteindrait le milliard de francs CFA. “Des centaines de millions, voire des milliards de FCFA sont indûment volés”, selon ses propres termes. Cette dimension technologique pose une question inédite : qui protège les voix disparues contre ceux qui veulent les faire chanter à titre posthume à leur profit ?

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Une jurisprudence attendue pour l’industrie musicale africaine

Cette affaire dépasse largement le cas singulier de DJ Arafat. Elle soulève une question fondamentale pour l’industrie musicale africaine : que devient l’héritage d’un artiste décédé à l’ère du streaming, des compilations posthumes et de l’intelligence artificielle ? En Côte d’Ivoire, où le droit d’auteur reste faiblement protégé dans les pratiques commerciales malgré l’amélioration progressive du cadre légal, cette affaire pourrait établir une jurisprudence majeure. Si Me Bokola obtient satisfaction, ce serait un signal puissant envoyé à tous ceux qui considèrent que la mort d’un artiste est une simple opportunité commerciale sans limites légales.

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