La sixième édition du Grand Salon de l’Agri-business et du Digital (GSAD) s’ouvre mercredi 2 septembre à Kinshasa sous le thème « De l’idée à la terre : un jeune, un projet, un hectare ». Cet événement majeur réunit acteurs publics et privés autour de la modernisation agricole par le numérique et l’entrepreneuriat jeune.
L’agriculture congolaise entre dans une nouvelle ère. La sixième édition du Grand Salon de l’Agri-business et du Digital (GSAD) s’ouvre ce mercredi 2 septembre 2026 au chapiteau du Palais du Peuple à Kinshasa, promettant deux jours d’échanges intensifs entre acteurs publics et privés. Placée sous le haut patronage du ministre d’État en charge de l’agriculture, cette édition ambitionne de transformer le secteur en levier durable de création d’emplois, particulièrement pour les jeunes entrepreneurs.
Un thème porteur de sens économique
Le thème retenu, « De l’idée à la terre : un jeune, un projet, un hectare », incarne une volonté concrète de relier les aspirations entrepreneuriales à l’accès au foncier et aux financements. Selon Teddy Kolly, président-fondateur du GSAD, le salon vise à catalyser le développement de la chaîne de valeur agricole. Il s’agit de moderniser un secteur historiquement dominé par des méthodes traditionnelles, en promouvant les réformes, l’Agritech, l’industrie, les infrastructures et des mécanismes de financement novateurs.
Jonathan Muyumb Ditend, co-fondateur du GSAD, a insisté sur l’urgence stratégique : l’agriculture mérite une attention égale aux mines dans les priorités économiques de la République démocratique du Congo. Cette position marque un tournant, invitant le pays à diversifier ses sources de croissance au-delà de l’extraction minière.
Le numérique au cœur de la transformation
La particularité majeure de ce salon réside dans l’intégration systématique des technologies numériques à l’agri-business. Teddy Kolly a insisté sur l’inclusion de ces outils pour des pratiques agricoles intelligentes, durables et précises. L’agriculture numérique est présentée non comme un remplacement des méthodes traditionnelles, mais comme un complément puissant capable d’améliorer la productivité et la gestion des exploitations.
Cette orientation répond à un enjeu de taille : rendre l’agriculture attractive pour les jeunes générations, souvent attirées par des secteurs perçus comme plus modernes. En associant le digital à l’agri-business, les organisateurs démontrent que le secteur agricole offre des perspectives professionnelles technologiquement avancées et économiquement viables.
Une plateforme de financement et de partenariat
Le GSAD se positionne comme un espace d’interconnexion entre porteurs de projets, investisseurs, institutions financières et fournisseurs de solutions techniques. Les organisateurs annoncent des facilitations de crédit auprès des banques partenaires, ainsi que des formations et un accompagnement personnalisé des jeunes entrepreneurs par des sociétés agricoles partenaires. La remise officielle de financements à trois jeunes startups ayant déjà généré des chiffres d’affaires tangibles figurera au programme, témoignant que l’accompagnement produit des résultats concrets.
Luilu et le Lualaba : des ambitions régionales affirmées
Au-delà de Kinshasa, les régions mobilisent leurs potentiels. La délégation du Lualaba, menée par Grâce Kavula, porte la voix du secteur de Luilu et entend valoriser les initiatives agricoles développées localement. Luilu diversifie déjà ses productions : maïs et farine côtoient une production animale structurée regroupant porcs, poules, chèvres et poissons.
Grâce Kavula a exprimé clairement l’objectif régional : « Nous sommes venus présenter les potentiels et les efforts fournis au niveau local ». Au-delà de la simple présentation, la délégation recherche des partenaires capables d’apporter une expertise technique et un accompagnement aux initiatives locales, ainsi que des entrepreneurs congolais actifs dans le secteur agricole. L’ambition est de passer du stade de démonstration des potentialités à la construction de partenariats durables.
Vers une feuille de route nationale
Les assises seront ponctuées de panels d’échanges entre parties prenantes, notamment sur les réformes structurelles et la viabilité des projets agricoles. Ces débats devraient déboucher sur l’adoption d’une feuille de route et d’une déclaration de Kinshasa définissant les priorités et les réformes attendues dans le secteur agricole. Le salon s’affirme ainsi comme un moment charnière de coordination entre acteurs économiques et institutionnels pour structurer les étapes suivantes du développement agricole congolais, transformant les ambitions entrepreneuriales en réalité économique palpable.