Covid 19: un manque à gagner pour le secteur touristique en Afrique

La deuxième vague de la pandémie de Covid-19 frappe de plein fouet plusieurs pays africains, dont le tourisme est considéré comme vecteur primordial de leurs économies. Un secteur, qui représente environ plus de 10% du PIB de plusieurs pays africains, est donc à genoux.

Sur base de cette problématique, une question émerge: quel avenir pour le secteur touristique en Afrique pendant cette période marquée par la covid-19 ?

Une bonne partie de salariés du secteur de tourisme sont à ce jour, au chômage technique à cause de cette pandémie du coronavirus. La fréquentation des lieux touristiques dans plusieurs pays en Afrique, notamment l’Afrique du sud, Île Maurice, Egypte, Maroc, Seychelles, Namibie, Kenya, Tunisie, Botswana, Tanzanie avait ensuite rebondi. Le nombre de visiteurs était plus de 5 millions par an dans chaque pays précité. Une croissance stoppée nette par le coronavirus.

Selon les Fédérations Touristiques des nations ci-dessus annoncent que plus de 10.000 emplois/pays sont menacés et six ménages sur dix dont le chef de famille travaille dans le tourisme risquent de tomber dans la pauvreté.

À nos jours, le tourisme est un secteur très important à ne plus négliger du point de vue de sa contribution au Produit Intérieur Brut (PIB), à l’emploi et au commerce. Il apporte son appui sur l’économie et développement dans de nombreux pays africains voire du monde. Mais la plupart des pays africains qui exploitent le potentiel des services touristiques dans le commerce et le développement économique sont en train de faire face à des entraves et à des contraintes de cette pandémie.

Le Rapport 2017 sur le développement économique en Afrique renseigne que: “le secteur de tourisme est maintenant au service d’une croissance transformatrice et inclusive en Afrique, et examine le rôle que ce secteur peut jouer dans le processus de développement du continent d’Afrique. Malheureusement cette pandémie mortelle de coronavirus rend instable plusieurs pays dont leurs économies est basé aussi dans le secteur de tourisme.

Aujourd’hui en Afrique le secteur de Tourisme est un puissant vecteur de croissance économique et de création d’emplois. Le secteur touristique représente directement et indirectement (WTTC 2011) 8,8 % des emplois dans le monde (258 millions), 9,1 % du PIB mondial (6 billions de dollars), 5,8 % des exportations mondiales (1,1 billion de dollars) et 4,5 % des investissements mondiaux (652 milliards de dollars).

Le Conseil mondial du voyage et du tourisme estime ce secteur pourrait créer 3,8 millions d’emplois (dont 2,4 millions d’emplois indirects) en Afrique subsaharienne au cours des 10 prochaines années.
Comparé aux autres secteurs, le principal avantage du tourisme est que les dépenses des touristes ont un effet catalyseur sur l’ensemble de l’économie, notamment sur la production et la création d’emplois.

De plus, le tourisme crée également une demande dans les domaines des transports, des télécommunications. La consommation de produits locaux dans les lieux d’hébergement et les restaurants et sur les marchés, et le surcroît de dépenses hors hébergement occasionnées par les touristes stimulent la demande en produits agricoles, halieutiques et alimentaires.

Le tourisme peut également stimuler le développement de petites entreprises dans les secteurs associés que sont la production et les services.
Beaucoup de pays africains entre autres l’Afrique du Sud, Île Maurice, Égypte, Maroc, Seychelles, Namibie, Kenya, Tunisie, Botswana, Tanzanie ont pris conscience d’investir sur le tourisme, car ce secteur est l’un des principaux moteurs de l’évolution actuelle et pourrait être un agent transformateur de décollage pour un grand développement des pays d’Afrique.

Pour relancer ce secteur après cette crise de la pandémie de covid- 19, les gouvernements des États africains qui donnent de la valeur à ce secteur doivent commencer par réduire les formalités de visa et améliorer les technologies de l’information et de la communication, la sécurité, les services de santé, et les infrastructures de transport.

Les pays africains peuvent réduire les fuites provenant du secteur touristique en favorisant la diversification économique. Il est essentiel de développer les liens intersectoriels afin de percevoir une part accrue des dépenses des touristes, ce qui est un élément clef permettant le transfert des effets bénéfiques du secteur aux communautés locales, les revenus tirés de l’emploi et des débouchés économiques contribuant à l’amélioration des moyens de subsistance et à l’atténuation de la pauvreté.

Les pays africains n’ont pas encore pleinement exploité les liens intersectoriels pour développer des activités viables en amont, non seulement dans le secteur des services, mais aussi dans le secteur agricole et dans certains segments du secteur manufacturier.
Les dirigeants africains devraient privilégier le développement du tourisme continental et du tourisme inter-régional. Ce dernier augmente en Afrique et offre des perspectives de diversification de l’économie et des exportations à condition que son potentiel soit reconnu au niveau de la communauté économique régionale et à l’échelon national. Les pays africains auraient tout à gagner de nouvelles avancées en matière de libre circulation des personnes et de libéralisation des services de transport aérien. L’accès aux destinations touristiques en serait facilité et la compétitivité de ces dernières s’en trouverait stimulée.

À cette fin, il faut aussi que les communautés économiques régionales et les pays inscrivent le tourisme intrarégional dans une planification globale. Dans le cadre des négociations sur la création d’une zone de libre-échange continentale des biens et des services, les gouvernements devraient veiller à ce qu’une attention particulière soit accordée au tourisme car ce secteur joue un rôle prépondérant dans les exportations de services de l’Afrique.
Il faudra aussi mettre en place une plateforme continentale pour le tourisme qui serait chargée d’établir des normes régissant les services et de coordonner entre les régions les cadres favorables en place, afin d’accroître la compétitivité de l’Afrique sur le marché mondial du tourisme.

D’où la nécessité d’une réorientation globale qui mettrait davantage l’accent sur les touristes africains et leurs goûts. En Tunisie, le gouvernement a annoncé des aides en faveur du secteur touristique en difficulté depuis le début de la maladie du coronavirus. C’est un bon exemple à suivre enfin de ne pas abandonner ce secteur frappé par la deuxième vague de la pandémie de coronavirus. Afin de mieux exploiter la contribution potentielle du secteur touristique à une croissance inclusive, à la transformation structurelle et à la réalisation des objectifs de développement durable, les pays africains devraient adopter des politiques qui consolident les liens intersectoriels.

Andy André MUKANY, analyste financie, économique et social

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