Invité à s’exprimer sur ses positions éditoriales souvent jugées tranchées, le célèbre journaliste et patron de Télé 50, Jean-Marie Kasamba, a levé le voile sur ses relations personnelles avec les deux derniers chefs de l’État de la République démocratique du Congo.
Entre révélations sur ses origines familiales et bilan chiffré, il a tenu à clarifier sa démarche : séparer la fraternité de la critique politique.
Dans un paysage médiatique congolais ultra-polarisé, cette mise au point résonne comme un plaidoyer pour l’honnêteté intellectuelle et le débat républicain.
Une affaire de sang et de fraternité
Face aux accusations de rouler pour un camp contre un autre, Jean-Marie Kasamba a rappelé ses attaches intimes avec la famille présidentielle actuelle, balayant d’un revers de main l’idée d’une animosité envers le Chef de l’État :
« Joseph Kabila est mon ami, Félix Tshisekedi est mon frère. Je ne peux pas faire du mal à Félix Tshisekedi… Pourquoi je ne peux pas ? Ma grand-mère à moi, c’est le sang de Félix Tshisekedi. Mon père à moi est de Kabeya Kamwanga, c’est le sang de Félix Tshisekedi. Et donc, on peut se chamailler, il reste mon frère. »
Cette filiation avec le territoire de Kabeya Kamwanga (Kasaï-Oriental), berceau de la famille Tshisekedi, explique, selon lui, la nature de ses rapports avec le président. Pour le patron de presse, la critique journalistique ne doit pas être confondue avec une trahison familiale.
La politique au-dessus des sentiments : « On doit se dire des choses »
Cependant, Jean-Marie Kasamba refuse que la fraternité dicte sa ligne éditoriale. Pour lui, la gestion de la République impose une franchise absolue, loin de toute complaisance courtisane :
« Lorsqu’il s’agit de la politique, de la gestion du pays, de faire des choses pour l’ensemble de la République, on doit se dire des choses telles qu’elles devraient se passer. »
C’est sur ce terrain de la gestion publique que le journaliste exprime certains regrets, tout en dressant un bilan matériel très élogieux de la gouvernance actuelle.
Un bilan matériel indéniable et des moyens historiques
Analysant l’action du chef de l’État, Jean-Marie Kasamba s’est dit « malheureux de constater » que l’ampleur des réalisations de Félix Tshisekedi n’était pas toujours estimée à sa juste valeur par l’opinion publique.
Il a énuméré les chantiers phares qui ont transformé le pays :
« Il a fait tellement de choses en si peu de temps, il n’a fait que 7 ans. Regardez la voirie et les rues de Mbuji-Mayi, regardez les aéroports, regardez les universités… »
Pour le patron de Télé 50, ce déploiement d’infrastructures s’explique par une réalité financière sans précédent dans l’histoire moderne du pays. Selon ses termes, l’État congolais dispose sous l’ère Tshisekedi d’une puissance budgétaire jamais égalée par ses prédécesseurs :
« Il a aujourd’hui plus d’argent qu’à l’époque de Kabila, plus d’argent qu’à l’époque de Mobutu. »
Cette sortie médiatique de Jean-Marie Kasamba apporte une pièce maîtresse au grand puzzle du débat national. En réaffirmant son amitié avec Joseph Kabila et sa fraternité de sang avec Félix Tshisekedi, il tente de se positionner au centre de l’échiquier : un observateur privilégié, exigeant, mais témoin des transformations économiques en cours en RDC.