C’est une défaite qui résonne comme une leçon de modestie. Quelques jours après la victoire renversante de la Belgique face au Sénégal, Rudi Garcia s’était laissé aller à une analyse piquante : « On connaît ces équipes-là. Elles perdent leur structure tactique en fin de match ». Une punchline audacieuse qui s’est retournée contre lui ce vendredi, l’Espagne ayant éliminé les Diables rouges (2-1) à deux minutes du coup de sifflet final.
L’art de se faire piéger à son propre jeu
Pourtant, la Belgique avait de sacrés arguments à revendre dans ce quart de finale. Menés dès la 30e minute après un but de Fabián Ruiz, les hommes de Garcia avaient recollé au score juste avant la pause grâce à Charles De Ketelaere (41e). Solides, organisés et fidèles aux principes de leur entraîneur, les Diables rouges contenaient parfaitement les assauts de la Roja.
Mais le football aime l’ironie. Alors que le match entrait dans le “money time”, cette fameuse période où Garcia attendait l’effondrement adverse, c’est le destin qui a frappé le camp belge. À la 88e minute, sur un ballon mal négocié par le gardien remplaçant Senne Lammens, Mikel Merino a surgi pour inscrire le but de la qualification espagnole.
La structure a tenu, mais le réalisme a parlé
Si la Belgique n’a pas techniquement volé en éclats ou perdu sa discipline comme Garcia l’avait prédit pour d’autres, elle a payé le prix fort d’un micro-détail en fin de match. Le sélectionneur se retrouve aujourd’hui prisonnier de sa propre rhétorique, victime du réalisme froid d’une Espagne qui, elle, est restée lucide jusqu’aux ultimes secondes.
Ce coup de poignard tardif met fin à l’aventure des Diables rouges dans ce Mondial. L’Espagne, de son côté, valide son billet pour le dernier carré et affrontera l’équipe de France le 14 juillet prochain à 20h00 (heure de Kinshasa), laissant Rudi Garcia méditer sur les surprises que réservent les fins de match.