Moïse Mbiye tacle ses collègues : « Certains pasteurs préfèrent le vin et la politique à la bénédiction des fidèles »

Rédaction Mbote
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Moise Mbiye

Le premier culte de ce dimanche à l’église Cité Bethel n’était pas de tout repos. Entre deux chants de louange, le pasteur et artiste gospel Moïse Mbiye a lâché des paroles percutantes, s’attaquant sans détour à une certaine caste de leaders religieux qu’il juge plus préoccupés par les salons politiques que par le salut des âmes.

C’est un Moïse Mbiye très critique qui s’est adressé à ses fidèles. Loin des sermons habituels sur la prospérité ou la foi, l’homme de Dieu a choisi de pointer du doigt ce qu’il considère comme une trahison de la mission pastorale en République Démocratique du Congo.

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Entre vin et intrigues politiques

Le constat est amer. Selon Moïse Mbiye, une partie du clergé congolais aurait troqué la bure pour le costume de lobbyiste. Il décrit des scènes de réunions privées où la spiritualité semble avoir déserté les lieux au profit d’intérêts mondains.

« Il y a des rassemblements de pasteurs. Quand ils se retrouvent, ils prennent le vin et ils parlent de politique : “Oh, on va changer la Constitution” », a-t-il fustigé du haut de la chaire.

Cette allusion directe au débat actuel sur la révision constitutionnelle montre à quel point l’Église est traversée par les tensions politiques du pays. Pour Mbiye, voir des bergers s’attabler pour discuter de stratégies de maintien au pouvoir ou de réformes législatives, verre de vin à la main, est un signe de déconnexion totale avec leur appel.

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L’abandon du troupeau
Le grief de l’artiste gospel ne s’arrête pas à la politique. Il déplore surtout les conséquences de cet activisme partisan sur la vie spirituelle des églises. Pour lui, le ministère est en souffrance car l’attention des leaders est ailleurs.

« Ils ne bénissent plus personne. Ils ne pensent pas à élever leurs églises », a-t-il regretté. Ce constat sonne comme un rappel à l’ordre : le rôle du pasteur est de porter les fardeaux de son peuple et de bâtir des communautés fortes, et non de servir de relais aux ambitions des politiques.

Un message qui résonne à Kinshasa

Cette prise de parole intervient dans un contexte où l’opinion publique congolaise est de plus en plus sceptique face au rôle de certaines plateformes religieuses, souvent accusées d’être à la solde du pouvoir ou de l’opposition.

En dénonçant ces « rassemblements », Moïse Mbiye se positionne en défenseur d’une Église sanctifiée et éloignée des compromissions. Un message qui, à n’en pas douter, fera grand bruit dans les états-majors politiques et les chancelleries religieuses de la capitale.

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