Fally Ipupa vient de dire quelque chose que peu d’artistes africains osent dire à voix haute : il se remercie lui-même. Et il a raison. Parce qu’il a fait quelque chose d’extraordinaire. Il a été le seul artiste francophone à arracher deux MTV Awards au Nigeria, face à P-Square, la plus grande machine musicale du continent à cette époque. Et tandis que ceux qui ont commencé avec lui ont tous disparu, Fally Ipupa est toujours debout. Toujours actif. Toujours en course. Ça mérite un remerciement.
L’arrogance de celui qui a survécu quand les autres ont coulé
« Je suis le seul artiste francophone africain à avoir arraché deux fois les trophées MTV sur le sol nigérian. » C’est une affirmation qui pulse de fierté. Parce qu’il ne parle pas juste de victoires. Il parle de conquête. D’invasion. D’un Congolais qui est allé au Nigeria, le cœur du marché musical africain, et qui a pris ce qui appartenait à quelqu’un d’autre. Face à P-Square. Face à la plus grande puissance musicale du moment. Et il a gagné. Deux fois.
Mais il y a quelque chose de plus profond dans cette déclaration. Parce que Fally Ipupa ne se bat plus contre P-Square maintenant. P-Square n’est plus là. P-Square est tombé. Et Fally Ipupa se bat « seul devant leurs petits ». C’est une phrase qui dit tout. Elle dit que le temps a tourné. Que les rois d’hier sont devenus les fantômes d’aujourd’hui. Et que Fally Ipupa, lui, est toujours là. Toujours vivant. Toujours menaçant.
La longévité comme victoire finale : quand les artistes disparaissent mais Fally reste
« Aujourd’hui je suis toujours actif alors que ceux qui avaient commencé avec moi ne sont plus en course. » C’est peut-être la phrase la plus cruelle de toute l’industrie musicale africaine. Parce qu’elle révèle une vérité qu’on cache souvent : l’Afrique mange ses artistes. Elle les consume. Elle les jette. Et seuls les plus forts survivent. Seuls les plus obsessionnels restent debout. Et Fally Ipupa est un des rares qui a survécu à ce génocide silencieux.
Parce que oui, c’est un génocide. C’est la mort programmée de la carrière artistique africaine. Les drogues, les scandales, les faux amis, la pression médiatique, l’abandon des fans. Tout cela conspire pour écraser les artistes africains. Et Fally Ipupa a refusé de tomber. Il a refusé de disparaître. Et maintenant, il se remercie lui-même parce qu’il sait que c’est lui qui s’est sauvé. Personne d’autre. Juste lui.