Un récent sondage réalisé par l’institut Les Points, à la demande du centre de recherche New Pelican, met en lumière un phénomène en pleine expansion dans la capitale congolaise : la consommation des produits aphrodisiaques. L’enquête, menée entre le 3 et le 7 avril 2025 sur un échantillon de 1.000 personnes représentatives des 24 communes de Kinshasa, révèle des chiffres édifiants et des tendances préoccupantes.
Selon les résultats du sondage, la tranche d’âge de 27 à 35 ans regroupe les plus grands consommateurs de produits aphrodisiaques. Le taux de consommation atteint 68% chez les 27-35 ans et grimpe même à 75% chez les 36-42 ans. À noter également une proportion significative de 17% chez les plus jeunes, de 15 à 26 ans, une donnée qui interroge sur la précocité et la banalisation de ces produits chez les jeunes Kinois.
Parmi les produits les plus consommés figurent : “Toupie”, un stimulant populaire vendu dans les marchés, boissons énergisantes dopées, souvent vendues dans les bars et ngandas, gélules importées non homologuées, recettes locales à base de plantes ou racines, souvent vendues comme produits naturels.
Ces produits circulent librement dans les marchés, pharmacies informelles et sur les réseaux sociaux, sans réel contrôle de qualité ou d’origine.
Le sondage révèle aussi que la consommation touche toutes les catégories socio-professionnelles, avec une prédominance chez les commerçants, les chauffeurs de taxi-bus et les jeunes cadres. Les communes les plus concernées sont Matete, Masina, Ngaba, Lemba, Limete et Kintambo, où la pression sociale et les standards de performance sexuelle sont élevés.
Les effets secondaires rapportés par les consommateurs sont pourtant nombreux : Palpitations cardiaques, troubles de la vision, dépendance psychologique, problèmes érectiles chroniques, fatigue intense après usage.
Malgré ces risques, plus de 60% des personnes interrogées disent ignorer les dangers réels liés à la consommation répétée de ces substances, souvent prises sans avis médical.
Alors que la date officielle de publication du rapport complet est fixée au 18 avril 2025, les premiers résultats appellent déjà à une prise de conscience collective, pour éviter que cette consommation massive ne se transforme en véritable crise de santé publique à Kinshasa.