L’heure est au nettoyage dans les rangs de l’opposition congolaise. Écœuré par la transhumance politique et le débauchage récurrent de certains cadres attirés par le pouvoir de Kinshasa, Moïse Katumbi est sorti de ses gonds.
Dans une déclaration au ton particulièrement martial, le leader d’Ensemble pour la République a appelé ses militants à la fermeté absolue contre ceux qu’il qualifie de « traîtres ».
Alors que la scène politique congolaise est régulièrement secouée par des glissements d’alliances au profit de la majorité présidentielle, le président d’Ensemble pour la République entend siffler la fin de la récréation.
« Il faut le corriger » : Un mot d’ordre sans concession
C’est un Moïse Katumbi visiblement exaspéré par les opportunismes politiques qui s’est adressé à ses sympathisants.
Sans employer la langue de bois, l’ancien gouverneur du Katanga a martelé qu’aucune indulgence ne devait plus être accordée aux opposants qui cèdent aux sirènes du pouvoir exécutif :
« L’opposant qui voudrait traverser pour manger avec le pouvoir en place, il faut le corriger. Si c’est moi, appelez-moi Judas. Parce que ce n’est pas comme ça qu’on va libérer notre pays. »
En employant la figure biblique de « Judas », symbole ultime de la trahison, Moïse Katumbi s’applique à lui-même une exigence morale pour montrer l’exemple et fixer une ligne rouge infranchissable pour l’ensemble de ses troupes.
La fin de la transhumance comme préalable à la « libération »
À travers cette sortie au vitriole, le patron d’Ensemble pour la République pointe du doigt le mal chronique de la politique congolaise : le nomadisme politique guidé par des intérêts matériels et des postes institutionnels (« pour manger »).
Pour Moïse Katumbi, la reconquête de la démocratie et la restauration de l’État de droit en République démocratique du Congo ne pourront se concrétiser si les acteurs de l’opposition continuent de marchander leurs convictions.
Un message de cohésion et de discipline interne
Cette déclaration sonne comme une mise en garde directe adressée à ses propres cadres ainsi qu’aux autres plateformes de l’opposition tentés par des négociations parallèles ou des rapprochements avec le pouvoir central.
En durcissant son discours, Moïse Katumbi cherche à verrouiller son camp, à remobiliser sa base militante et à imposer une discipline de fer pour faire face aux échéances politiques et sécuritaires qui secouent le pays.