Deux sociétés militaires privées, Agemira et Congo Protection (CP), ont appuyé les opérations militaires des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) contre les rebelles de l’AFC/M23 dans l’Est du pays, selon le dernier rapport du groupe d’experts des Nations unies, consulté par ACTUALITE.CD mercredi 2 juillet.
Ces entreprises ont apporté un soutien stratégique et tactique aux contre-offensives des FARDC, notamment lors de l’assaut du M23 sur la ville de Goma. Ce rôle a été vivement dénoncé par les rebelles et par le gouvernement rwandais.
« La planification stratégique et le soutien tactique de deux sociétés militaires privées Agemira et Congo Protection (CP) aux contre-offensives des FARDC contre l’AFC/M23 et les FDR ont été régulièrement dénoncés par l’AFC/M23 et le Gouvernement rwandais », note le rapport.
Lors de cet assaut, 291 membres de Congo Protection ont été contraints de chercher refuge dans les locaux de la MONUSCO.
« Lors de l’assaut sur Goma, 291 membres du personnel de la CP ont cherché refuge dans les locaux de la MONUSCO. Conformément à son mandat de protection, la MONUSCO a hébergé le personnel de la CP menacé d’être tué par l’AFC/M23 », rapporte encore le document.
Une partie de ces agents a été évacuée vers leurs pays d’origine via Kigali, tandis que d’autres ont été redéployés à Kinshasa et Kisangani.
« Les négociations entre l’ONU et le Gouvernement rwandais ont conduit à leur évacuation vers la Roumanie via Kigali. Au moment de la rédaction du présent rapport, l’ensemble du personnel de la CP avait quitté le territoire de la RDC », précise le rapport.
Au même moment, 120 employés de la société Agemira restaient déployés en RDC, principalement comme techniciens spécialisés dans l’utilisation des drones CH4 et d’avions militaires.
« 120 employés d’Agemira étaient encore déployés à Kinshasa et Kisangani, principalement des techniciens pour les drones CH4 et les avions militaires. Agemira prévoyait de mettre fin à ses engagements en RDC en septembre 2025 », indique le document.
Le groupe d’experts signale également qu’un nouveau contrat militaire a été signé en décembre 2024 entre le gouvernement congolais et Erik Prince, célèbre entrepreneur de sécurité privé et ancien patron de Blackwater (aujourd’hui Academi).
Ce partenariat comprend également un volet économique :
« Pour financer ces opérations militaires, la création d’une “police” minière, chargée de percevoir les recettes des industries extractives de la RDC, a été envisagée », ajoutent les experts.
Erik Prince est un ancien Navy SEAL américain, actuellement basé aux Émirats arabes unis, et reconnu pour avoir été à la tête de la plus grande entreprise militaire privée au monde.
Le rapport fait écho à une information relayée par RFI : en janvier 2025, plusieurs centaines d’instructeurs roumains, qualifiés de mercenaires par Kigali mais présentés comme alliés par Kinshasa, avaient traversé la frontière vers Gisenyi, au Rwanda, avant d’être évacués en Roumanie.

