Seth Kikuni, proche de l’opposant Nathanaël Onokomba et membre du mouvement “Sauvons le Congo” de l’ancien président Joseph Kabila, a révélé de nouvelles informations sur les circonstances de l’arrestation et de la détention de ce dernier.
Selon Kikuni, Onokomba a été enlevé après une conférence à l’Université Pédagogique Nationale (UPN) et conduit dans un cachot du Conseil national de cyberdéfense (CNC), où il a été interrogé.
Les interrogateurs l’ont accusé d’avoir affirmé dans une émission qu’il n’a jamais diffusée que “les gens de l’époque coloniale vivaient mieux que ceux de l’époque de Tshisekedi”. Malgré ses explications, selon lesquelles il s’agissait d’un débat, ses arguments ont été ignorés.
Onokomba a ensuite été questionné sur un tweet sarcastique concernant l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda. Il a été accusé de faire l’apologie de Joseph Kabila, présenté comme le chef de l’AFC/M23. L’opposant a fermement nié, rappelant qu’il avait condamné Paul Kagame et qu’il s’opposait au mouvement “Sauvons la RDC”.
Lorsqu’on l’a accusé de ne pas aimer et d’insulter le président Tshisekedi, Onokomba a précisé : “Je critique l’accord et le Président, mais je ne l’ai jamais insulté”. Il justifie sa position par la clause de cogestion des minerais avec le Rwanda prévue dans l’accord.
Après avoir refusé par deux fois de demander pardon devant une caméra, Onokomba a été transféré dans un cachot à Ma Campagne, puis placé à l’isolement. Là, deux hommes cagoulés l’ont passé à tabac, le blessant à la bouche.
Finalement, il a été présenté à l’Auditorat militaire où le seul élément retenu contre lui est son tweet ironique sur l’accord entre la RDC et le Rwanda. Il a ensuite été transféré en prison.
Cette arrestation et les mauvais traitements subis par Nathanaël Onokomba soulèvent de sérieuses questions sur le respect des libertés fondamentales et de l’État de droit en RDC, alors que le pays fait face à des tensions régionales et des enjeux économiques majeurs. Le fait que Seth Kikuni, proche d’Onokomba, soit membre du mouvement “Sauvons le Congo” de Kabila, ajoute une dimension politique à cette affaire.

