RDC : « C’est un droit, pas une faveur », Olivier Kamitatu refuse d’y voir un geste de grâce du régime

Rédaction Mbote
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Récemment rentré en possession de son document de voyage officiel, Olivier Kamitatu, directeur de cabinet et porte-parole de Moïse Katumbi, est sorti du silence.

Dans une mise au point sans détour, l’ancien président de l’Assemblée nationale refuse de voir dans la délivrance de son passeport une mesure de grâce administrative et dresse un réquisitoire sévère contre le régime de Kinshasa.

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« Un droit, pas une faveur »

Privé de son passeport depuis plusieurs années, le cadre de l’opposition a tenu à rectifier d’emblée la grille de lecture de cet événement.

Pour Olivier Kamitatu, l’obtention de ce document d’identité ne relève en aucun cas d’un geste d’apaisement ou d’un privilège accordé par le pouvoir central :

« C’est un fait qui n’est pas une faveur qui m’a été accordée, c’est simplement un droit. On m’a restitué un document que tout citoyen congolais doit avoir quand il le demande. »

Il a précisé que c’est sur instruction directe de Moïse Katumbi qu’il a effectué les formalités de capture biométrique à l’ambassade de la RDC à Bruxelles.

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Il rappelle par ailleurs que son cas n’est pas isolé, citant d’autres figures de l’opposition comme Hervé Diakiesse ou Mike Mukebayi, également confrontées à des restrictions similaires.

Le rejet du concept d’« auto-exil » face à la répression

Revenant sur le terme d’« auto-exil » fréquemment employé par les tenants du pouvoir pour qualifier le séjour prolongé d’opposants à l’étranger, le directeur de cabinet du président d’Ensemble pour la République exprime son indignation en rappelant le lourd tribut payé par son parti :

« Le premier porte-parole du parti (Chérubin Okende) ne pourra plus jamais s’exprimer, car il a été assassiné, et l’on a considéré, selon la justice congolaise, qu’il s’agissait d’un suicide. Quand on parle d’auto-exil, cela fait mal à la bouche, quand le parti a perdu plusieurs militants et compte aujourd’hui plusieurs membres emprisonnés sans jamais avoir été jugés », a-t-il fustigé, mentionnant notamment la détention de Stéphane Shiso et d’une douzaine d’autres cadres.

Illustrant l’anomalie de la situation, il compare la confiscation des passeports d’opposants à une dérive institutionnelle : « C’est comme si Donald Trump décidait de confisquer le passeport de son prédécesseur Biden, et qu’on trouvait cela tout à fait normal. Nous en sommes réduits à ça aujourd’hui. »

Les vrais préalables à une décrispation politique

Alors que plusieurs observateurs voulaient voir dans la remise de son passeport le signal d’un assainissement du climat politique, Olivier Kamitatu fixe les conditions indispensables à une réelle décrispation.

Selon lui, le rétablissement de la confiance passe par des actes concrets et d’envergure :

  • La levée des condamnations à mort prononcées dans des contextes politiques ;
  • La libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers politiques ;
  • L’arrêt définitif du harcèlement judiciaire à l’encontre des figures de l’opposition ;
  • L’ouverture d’un dialogue inclusif assorti de préalables démocratiques normaux.
    « Une hirondelle ne fait pas le printemps »

En conclusion de son intervention, le collaborateur de Moïse Katumbi résume sa pensée par une métaphore prudente mais claire :

« Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais elle pourrait l’annoncer, cela dépendra du régime, qui jusqu’à présent n’a pas montré de signes réels de vouloir un apaisement. »

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