Le Conseil national de suivi de l’Accord de Saint Sylvestre (CNSA) a appelé mardi le gouvernement congolais à suspendre le procès en cours contre l’ancien président Joseph Kabila, estimant qu’un tel processus judiciaire pourrait attiser les tensions dans une conjoncture nationale déjà fragile.
Comme l’a renseigné la Radio Okapu, réuni en session ordinaire sous la présidence de Joseph Olenghankoy, le CNSA a exprimé son inquiétude dans un communiqué relayé par Radio Okapi, face à une recrudescence des violences dans l’Est de la République démocratique du Congo, notamment après les récentes attaques meurtrières à Komanda (Ituri), où plus de quarante civils ont péri.
Selon le CNSA, le procès de Joseph Kabila intervient dans un climat « d’insécurité généralisée, de restriction des libertés et de retour inquiétant des groupes armés », qui compromet les acquis de l’alternance démocratique de 2019. « Ce contexte appelle à l’apaisement et non à l’ouverture de nouvelles fractures nationales », estime l’organe d’appui à la démocratie.
L’institution recommande un gel immédiat de la procédure judiciaire, le temps de mettre en place un cadre de dialogue national permettant de traiter avec prudence les sujets touchant aux anciens chefs d’État.
Dans une autre recommandation importante, le CNSA annonce avoir mandaté son président pour entamer des démarches de médiation en vue d’un rapprochement entre le gouvernement congolais et la rébellion du M23/AFC, soutenue par le Rwanda. Concernant les pourparlers de Doha, l’organe propose d’y intégrer des représentants de la société civile ainsi que des membres des deux chambres du Parlement afin de renforcer la légitimité du processus.
Ce plaidoyer intervient alors que plusieurs voix, au sein de la classe politique et de la société civile, appellent à un dialogue inclusif pour restaurer la paix et consolider les institutions.