Interpellé sur la question sensible des élèves enceintes en milieu scolaire, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a plaidé pour un traitement lucide et dépassionné du sujet. « C’est un sujet qui réveille les traditions, les perceptions, les idéologies, il faut le traiter sans passions », a-t-il affirmé mercredi lors d’un point presse à Kinshasa.
La déclaration intervient dans un contexte de tension entre la position stricte de certaines institutions religieuses notamment l’Église catholique et les principes juridiques relatifs aux droits de l’enfant. Pour Muyaya, le débat ne peut être tranché dans l’émotion ni par le dogme : « Il faut faire la part des choses et comprendre ici que l’État n’encourage pas le fait qu’une fille mineure tombe enceinte ».
Loin d’éluder les responsabilités, le ministre a néanmoins rappelé que la jeune fille peut être une victime. « Qu’est-ce qu’on fait de son bourreau ? » s’est-il interrogé, insistant sur la nécessité d’un cadre équilibré, tenant compte à la fois de la justice, de la réinsertion et des droits garantis.
Entre exigences morales, contraintes sociales et impératifs légaux, le gouvernement semble vouloir ouvrir la voie à un dialogue national plus constructif sur un sujet aussi délicat que crucial pour l’avenir de la jeunesse congolaise.