Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a clarifié ce dimanche la ligne politique adoptée par le président Félix Tshisekedi dans le cadre des relations tendues entre la RDC et le Rwanda. Intervenant aux côtés du ministre de l’Intérieur Jacquemin Shabani lors d’un briefing de presse axé sur les retombées de l’accord de Doha, Muyaya a souligné que la posture de Kinshasa, bien que désormais ouverte au dialogue, n’a jamais été un signe de faiblesse.
« Ce que nous voulions dans la position du président de la République, c’était une position de fermeté qui a permis justement qu’il y ait des sanctions qui étouffent l’économie rwandaise aujourd’hui », a-t-il déclaré.
Cette affirmation intervient alors que des critiques ont émergé sur le virage diplomatique opéré par le chef de l’État congolais. Initialement ferme et catégorique sur son refus de négocier avec le Rwanda accusé de soutenir activement les rebelles du M23 le président Tshisekedi a finalement accepté de s’engager dans un processus de discussions indirectes à travers l’accord signé avec l’AFC/M23 à Doha, sous médiation qatarie.
Selon Muyaya, cette évolution ne doit pas être interprétée comme une capitulation : « Le président voulait d’abord des actions concrètes de la communauté internationale. Aujourd’hui, certains hauts responsables rwandais sont sous sanctions, comme James Kabarebe. Cela témoigne que notre diplomatie a porté ses fruits. »
Sanctions internationales et isolement régional de Kigali
Depuis plusieurs mois, des sanctions ciblées ont effectivement été imposées par certaines puissances occidentales contre des personnalités proches du régime rwandais. Le nom de James Kabarebe, ancien ministre de la Défense et conseiller spécial de Paul Kagame en matière de sécurité, est régulièrement cité comme symbole de cette pression croissante.
Kinshasa revendique ces mesures comme une victoire diplomatique, fruit de sa stratégie de dénonciation frontale des ingérences rwandaises dans l’Est du Congo.
Un tournant assumé dans la recherche de la paix
L’accord signé à Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 est présenté par les autorités congolaises comme un compromis utile, dans un cadre clairement balisé. Pour Muyaya, la République démocratique du Congo n’a pas changé de cap mais adapte ses moyens pour atteindre ses objectifs : la paix, sans impunité.

