Le nouveau gouvernement formé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, à la suite du remaniement ministériel tant attendu, a réservé peu de surprises sur le plan politique. Mais s’il y a bien une absence qui saute aux yeux, c’est celle de Martin Fayulu, leader de l’opposition et président du parti ECIDé. Ni lui, ni aucun de ses proches n’apparaît dans la nouvelle équipe gouvernementale. Une absence hautement symbolique, qui en dit long sur l’état du dialogue politique en République démocratique du Congo.
Il y a quelques semaines, la rencontre entre Félix Tshisekedi et Martin Fayulu avait fait la une de l’actualité nationale. Pour la première fois depuis l’élection contestée de 2018, les deux hommes s’étaient retrouvés en tête-à-tête, dans un climat présenté comme apaisé. Ce geste, considéré comme une avancée dans le processus de décrispation politique, avait nourri des spéculations sur une possible participation de certains proches de Fayulu dans le futur gouvernement.
Mais au final, aucun cadre de l’ECIDé ou de la coalition Lamuka ne figure dans la nouvelle équipe gouvernementale. Le message est clair : malgré le rapprochement apparent, Martin Fayulu reste hors du jeu institutionnel.
Pour de nombreux analystes, cette exclusion n’est pas une surprise. Martin Fayulu n’a jamais cessé de contester la légitimité de Félix Tshisekedi, et il continue d’exiger la « tenue du dialogue national ». Son refus de siéger dans des institutions qu’il considère comme issues de la fraude électorale reste inchangé, et il ne manifeste aucun intérêt pour une quelconque cohabitation politique.
Lui-même, fidèle à sa ligne dure, aurait décliné toute offre de participation gouvernementale, estimant que cela reviendrait à trahir ses principes et ses électeurs. Une posture cohérente, mais qui l’isole davantage du processus décisionnel.