Le ministre d’État à la Justice, Constant Mutamba, est au cœur d’une polémique autour de la construction d’une nouvelle prison à Kisangani. Le Parquet général près la Cour de cassation a saisi l’Assemblée nationale afin de lever son immunité, ouvrant ainsi la voie à des poursuites judiciaires.
Des irrégularités présumées dans le financement du projet
Selon les députés Fontaine Mangala et Willy Mishiki, le ministre Mutamba aurait procédé au décaissement de 39 millions de dollars sans passer par la procédure régulière des marchés publics. Ils évoquent des “irrégularités administratives” et réclament des comptes.
Le député Mishiki soupçonne également une implication des ministres du Budget et des Finances dans un possible détournement de fonds. D’après la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), 19 millions de dollars auraient été transférés sur le compte d’une entreprise nouvelle, dans des conditions opaques.
La version du ministre Mutamba
Face à ces accusations, le ministre Mutamba a reconnu l’existence du projet, qu’il qualifie de “priorité nationale” pour désengorger les prisons, notamment à l’Est du pays. Il affirme que le coût total est estimé à 29 millions de dollars et que les fonds évoqués sont déposés sur un compte séquestre, donc inaccessibles.
Le ministre précise que le dossier est encore en examen à la Primature et qu’aucune décision définitive n’a été prise. Il assure que la Première ministre Judith Suminwa a été saisie du dossier.
Une affaire qui fait grand bruit
Face à l’ampleur de la polémique, le ministre des Finances a publié un communiqué affirmant qu’aucun paiement n’a été effectué pour la construction de cette prison.
Cependant, le Parquet général près la Cour de cassation a décidé de saisir l’Assemblée nationale afin de lever l’immunité du ministre Mutamba, ouvrant ainsi la voie à d’éventuelles poursuites judiciaires.
Cette affaire relance le débat sur la transparence dans la gestion des fonds publics en RDC et soulève de sérieuses interrogations sur les pratiques de certains responsables gouvernementaux.

