Alors que le débat sur la révision constitutionnelle s’intensifie en République Démocratique du Congo, une voix de poids vient de s’ajouter au concert des partisans du changement. Lors d’une journée de réflexion organisée par l’archevêque Évariste Ejiba Yamapia, le pasteur et élu de Kinshasa, Godé Mpoyi, a jeté un pavé dans la mare en liant stabilité politique, longévité au pouvoir et redressement économique.
Pour l’ancien président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, le modèle démocratique actuel de la RDC, calqué sur des mandats courts, ne serait pas forcément le gage de la réussite. Godé Mpoyi n’hésite pas à regarder vers l’Orient pour appuyer son argumentation.
Les modèles russe et chinois en exemple
Selon le pasteur, l’observation de la scène internationale plaiderait en faveur d’une certaine continuité au sommet de l’État pour garantir la paix.
« Il est démontré que les pays où les présidents font de longs mandats sont stables. C’est la Russie, la Chine et j’en passe (…) », a-t-il déclaré devant une assistance attentive.
Pour lui, la stabilité institutionnelle observée dans ces puissances mondiales serait le fruit d’une vision de long terme, difficilement compatible avec les cycles électoraux fréquents qui caractérisent la jeune démocratie congolaise.
La Constitution au banc des accusés pour la crise économique
Mais l’argument de Godé Mpoyi ne s’arrête pas à la géopolitique. Il s’attaque également au portefeuille des Congolais. Selon l’élu, la loi fondamentale actuelle contiendrait des freins structurels au développement du pays.
« Il y a des problèmes réels sur le plan économique en RDC, qui justifient le changement de cette constitution », a-t-il affirmé avec conviction.
Sans détailler précisément les articles incriminés, le pasteur laisse entendre que le cadre juridique actuel empêcherait le gouvernement de répondre efficacement aux urgences sociales et aux défis de croissance.
Un débat qui divise
Cette sortie de Godé Mpoyi intervient dans un climat politique électrique. Si pour les partisans du pouvoir, cette position est perçue comme un pragmatisme nécessaire pour achever les grands chantiers du Chef de l’État, l’opposition y voit une manœuvre pour favoriser un maintien indéfini au pouvoir.
En liant la survie économique du pays à une réforme constitutionnelle profonde, Godé Mpoyi déplace le curseur du débat : il ne s’agit plus seulement de politique, mais, selon lui, d’une question de survie nationale.
Reste à savoir si cette vision d’une stabilité “à la russe” ou “à la chinoise” trouvera un écho favorable au sein d’une population congolaise historiquement attachée à l’alternance.
