La Commission spéciale du Sénat de la République Démocratique du Congo a décidé, ce jeudi, de lever les immunités parlementaires de l’ancien président Joseph Kabila, ouvrant ainsi la voie à des poursuites judiciaires à son encontre.
Une décision à l’unanimité de la commission sénatoriale
Selon la résolution lue en plénière, les 40 sénateurs membres de la commission ont voté à l’unanimité pour la levée des immunités de Joseph Kabila. L’ancien chef de l’État est accusé d’avoir des liens avec la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda, dans l’est du pays.
Cette décision de la commission parlementaire devra maintenant être entérinée par le vote de l’ensemble du Sénat. Un débat s’ouvrira donc sur cette résolution controversée.
Des voix s’élèvent contre une “dérive institutionnelle”
Depuis que les autorités congolaises ont enclenché cette procédure contre Joseph Kabila, de nombreuses voix se sont élevées pour mettre en garde contre une “dérive institutionnelle et politique”.
Certains dénoncent en effet une tentative de manipulation des institutions à des fins partisanes, appelant au respect de la loi de 2018 qui accorde un statut et des avantages aux anciens présidents élus de la République.
Une étape décisive dans le bras de fer Kabila-Tshisekedi
Cette décision de la commission sénatoriale s’inscrit dans un contexte de tensions politiques persistantes entre l’actuel président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila.
En levant les immunités de l’ancien chef de l’État, le Sénat franchit une étape décisive dans ce bras de fer opposant les deux hommes, qui se disputent l’influence politique en RDC depuis le départ de Kabila en 2019.
L’issue de ce débat au Sénat sera scrutée de près, tant elle aura des répercussions majeures sur la stabilité politique du pays dans les mois à venir.

