Face aux critiques d’une partie de l’opinion publique, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC) ont justifié ce samedi leur mission conjointe dans la ville de Goma, au Nord-Kivu, à travers une conférence de presse tenue dans la capitale du Nord-Est congolais.
La délégation des deux grandes institutions ecclésiales du pays s’était rendue récemment dans la zone en proie aux combats entre les FARDC et les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda selon Kinshasa. Cette démarche, qui avait suscité des interrogations et même des critiques dans certains milieux, est désormais expliquée en détail à travers cinq préoccupations majeures.
Selon le rapport présenté ce samedi, la mission CENCO-ECC à Goma visait à :
1. S’enquérir de la situation des droits de l’homme après les affrontements armés, dans une région marquée par des allégations de graves exactions contre les populations civiles ;
2. Négocier l’ouverture d’un couloir humanitaire, afin de permettre l’acheminement de l’aide aux populations déplacées et enclavées par les combats ;
3. Comprendre les revendications de l’AFC/M23 et l’implication du Rwanda dans leur lutte armée, une démarche de dialogue lucide dans un contexte régional extrêmement tendu ;
4. Exprimer le rejet catégorique par les deux Églises de toute volonté de balkanisation de la République démocratique du Congo ;
5. Proposer le Pacte social comme solution structurelle et durable aux causes profondes de la crise dans l’Est du pays, qui perdure depuis plus de 30 ans.
Les responsables des deux Églises ont insisté sur le fait que leur initiative s’inscrivait dans un cadre pastoral et citoyen, dénué de toute visée politique partisane.
Ils ont réaffirmé leur attachement à la souveraineté et à l’unité de la RDC, tout en appelant à la responsabilité collective pour faire émerger une paix durable.

