Kabila, Monsieur 25 pour-cent ?

Redaction Mbote
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De nouvelles fuites en ligne ont récemment mis au jour un scandale retentissant de détournements d’actifs et de corruption à grande échelle sous l’ère de l’ex-président Joseph Kabila en République démocratique du Congo (RDC), publié dans le blog de mediapart. Au cœur de ce système, le témoignage accablant de l’italienne Fortunata “Tina” Ciaparrone dévoile les rouages d’un pillage organisé des richesses nationales.

Kabila, “Monsieur 25%” des entreprises de Ciaparrone

Les documents divulgués montrent Fortunata Ciaparrone, directrice générale de plusieurs sociétés en RDC, affirmant agir comme prête-nom de l’ex-président Kabila. Elle reconnaît détenir officiellement 100% des parts de nombreuses entreprises, dont 25% reviennent en réalité à l’ancien chef de l’État.

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Ciaparrone décrit ainsi un système de montages financiers complexes, parfois réalisés en une seule journée, permettant de blanchir de vastes sommes d’argent au profit de Kabila.

SOGEMIP, un rouage clé du système de pillage

Parmi ces sociétés, SOGEMIP, active dans l’exploration pétrolière et minière, joue un rôle stratégique. Selon les estimations, les réserves pétrolières et minières contrôlées par SOGEMIP pourraient représenter une valeur potentielle de 15 milliards de dollars.

Les révélations montrent que Joseph Kabila détenait officieusement 25% des parts de cette entreprise, lui permettant de s’accaparer une part substantielle des revenus générés par l’exploitation de ces ressources.

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Un “hold-up” étatique bien documenté

Ces nouvelles fuites font écho à l’enquête “Congo Hold-Up” menée par Mediapart et le consortium PPLAAF, qui avait déjà mis en lumière le détournement de plus de 140 millions de dollars par le biais de la banque BGFI, au profit de l’entourage de Kabila.

Au-delà des chiffres, ces révélations illustrent le fonctionnement d’un système de prédation des richesses nationales, instauré au plus haut niveau de l’État congolais pendant près de deux décennies.

Impunité persistante, appel à l’action

Malgré la gravité des faits, ni l’État congolais ni la justice n’ont encore réagi de manière ferme face à ces nouvelles révélations. L’impunité semble encore prévaloir, alors que les Congolais subissent les conséquences d’un tel pillage des ressources.

Pourtant, les experts appellent désormais à une réponse institutionnelle à la hauteur, afin de réformer les institutions, poursuivre les auteurs de ces détournements massifs et restituer les biens volés. Un défi majeur pour tourner la page de cette kleptocratie.

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