« J’ai été tabassé et dénudé, mais d’autres en ont bénéficié » : L’amertume de Boketsho Wayambo face au bilan de ses luttes

Rédaction Mbote
4 Min Read

Dans une prise de parole empreinte de gravité, l’artiste engagé et activiste de la diaspora Boketsho Wayambo est revenu sur près de trois décennies de militantisme, livrant des confidences inédites sur les pressions financières subies sous l’ancien régime et annonçant sa décision de s’engager formellement en politique.

Refus des propositions financières sous l’ère Kabila

Revenant sur ses années de lutte et d’exil, le combattant a affirmé avoir repoussé de nombreuses tentatives de cooptation visant à neutraliser son discours critique envers le pouvoir de l’époque.

- Advertisement -

« J’ai passé 28 ans de combat et d’exil. Je suis un amoureux du Congo et j’aime le peuple congolais. La souffrance que j’ai aujourd’hui c’est parce que j’aime le Congo, j’aime le peuple congolais », a-t-il introduit, avant de révéler les approches directes du précarré de l’ancien chef de l’État Joseph Kabila.

« En 2007, Katumba Mwake m’a appelé avant qu’il ne meurt pour me demander d’arrêter de déranger le président Joseph Kabila ; en contrepartie, on allait me donner 300 000 $, mais j’ai refusé. Ils m’ont proposé des postes, ils ont même proposé à mes enfants mais j’ai refusé », a soutenu Boketsho Wayambo, précisant que ses détracteurs ignoraient à l’époque ses liens familiaux avec des figures telles que le général Didier Etumba ou l’homme politique José Makila.

Constat d’amertume face à la classe politique

L’activiste a dressé un bilan sans concession de l’instrumentalisation des acteurs de la société civile et des combattants par la classe dirigeante, aussi bien sous l’ancienne que sous la nouvelle administration.

- Advertisement -

« Qui a profité de mon combat ? C’est des politiciens. J’ai reçu Mozito, Muyambo, Moïse Katumbi. J’ai marché avec Félix Tshisekedi, l’actuel président de la République. Même Tshisekedi le père, j’étais avec lui, je l’ai soutenu, j’ai chanté pour lui… Mais quand ils partent dans la salle, ils se croient plus spéciaux que nous », a-t-il déploré.

Rappelant les risques physiques encourus au cours de ses actions publiques, il a souligné le contraste entre le sacrifice des militants de terrain et l’enrichissement des élites politiques et économiques : « Aujourd’hui, si tu regardes, les gens qui ont travaillé avec Joseph Kabila sont des millionnaires. Les gens qui travaillent avec Félix Tshisekedi sont des millionnaires… Moi qui suis très populaire, j’ai pris des risques, j’ai été tabassé, j’ai été dénudé, mais les gens qui en ont bénéficié sont les Naanga, les Jean-Pierre Bemba, les Mozito… Ceux qui ont profité du Congo sont les politiciens, les pasteurs, les musiciens, les Libanais, les Chinois, les Pakistanais, les Ouest-Africains, Kagame et Museveni… »

Un virage assumé vers l’action politique directe

Fort de ce constat et affirmant son attachement à l’unité nationale au-delà des clivages provinciaux, Boketsho Wayambo a annoncé sa volonté de prendre en main son avenir civique en franchissant le pas de l’engagement partisan.

« J’ai réfléchi que mon destin est dans mes mains, ma vie est dans mes mains. J’ai pris la décision, malgré que j’ai rencontré tout le monde, j’ai parlé avec Naanga, avec Sauvons le Congo… J’ai fait 28 ans, je me suis décidé de faire la politique », a-t-il conclu, marquant ainsi une rupture avec le seul militantisme de rue au profit d’une participation directe au jeu politique national.

Share This Article
Leave a Comment