Dialogue national en RDC : « Nous parlons de la possibilité d’un dialogue inclusif… Je ne sais pas si on considère ce qui se passe à Doha comme un aspect de ce dialogue ou pas. » Msg Donatien Nshole

Rédaction Mbote
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À la suite des récentes déclarations du président Félix Tshisekedi et des interventions des autorités religieuses, la question d’un éventuel dialogue politique en République démocratique du Congo (RDC) fait à nouveau débat. Si le chef de l’État a ouvert la porte à un « dialogue inclusif », il a aussi posé des conditions strictes — notamment l’exclusion des « agresseurs » — qui suscitent des interrogations sur la portée réelle de cette initiative.

Mgr Donatien Nshole, porte-parole des Églises, a rappelé la complexité de la situation : « D’abord, il y a quelque chose à clarifier, parce qu’au même moment, nous parlons de la possibilité d’un dialogue inclusif, mais pas avec ceux qui ont pris les armes. Je ne sais pas si on considère ce qui se passe à Doha comme un aspect de ce dialogue ou pas. Donc, là, c’est quelque chose qu’il faut comprendre davantage. Peut-être que c’est moi qui interprète et que pour le président, ce dialogue se ferait en deux temps : un temps avec ceux qui ont pris les armes, et un temps avec les autres. Mais nous, nous pensons que ce serait plus pratique, pour des questions qui concernent tout le monde, que tout le monde se retrouve autour d’une table. »

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Les Églises catholique (Cenco) et protestante (ECC) maintiennent leur position : toute discussion politique doit être véritablement inclusive. Pour ces institutions, exclure une partie des acteurs — même ceux qui ont recours à la violence — risquerait d’empêcher la résolution durable des conflits et des crises qui minent le pays. Leur argument repose sur la conviction que l’exclusion peut alimenter un sentiment d’injustice et de marginalisation, potentiellement générateur de nouvelles violences.

De son côté, l’exécutif congolais met en avant l’impératif de sécurité et la nécessité de ne pas légitimer des acteurs armés qui ont commis des exactions. Lors de sa rencontre avec le corps diplomatique le 31 janvier, le président Tshisekedi a insisté pour que le dialogue se tienne dans des conditions claires et en excluant, selon lui, les agresseurs, afin de préserver l’ordre public et la souveraineté de l’État.

La mention de Doha ajoute une couche de complexité : certains groupes armés ont mené des pourparlers ou des négociations à l’étranger, et il n’est pas évident de savoir si ces rencontres sont considérées comme intégrées au processus national de dialogue. Mgr Nshole s’interroge sur une possible démarche en deux temps — d’abord un dialogue avec les acteurs armés, puis un autre avec les composantes civiles — mais il plaide pour une table commune, estimant que les questions structurantes dépassent la simple distinction entre combattants et civils.

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Les enjeux sont cruciaux : la manière dont le dialogue sera organisé déterminera la légitimité des décisions prises et la capacité du pays à avancer vers la paix et la réconciliation. Les diplomates, la société civile et les acteurs politiques suivront de près l’évolution de ces discussions, dont l’issue pourrait redessiner le paysage politique congolais.

En filigrane demeure la tension entre deux impératifs difficiles à concilier : l’exigence de sécurité et de justice — qui pousse à sanctionner et écarter les acteurs violents — et la logique inclusive, jugée nécessaire par les Églises pour une paix durable. La question reste ouverte : comment construire un dialogue qui soit à la fois juste, sûr et suffisamment inclusif pour régler les maux profonds qui affectent la RDC ?

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