Le secrétaire général et président a.i. de l’UDPS, Augustin Kabuya, a livré un discours offensif devant les militants de son parti, traçant une ligne de démarcation nette entre l’ancien régime de Joseph Kabila et celui de l’actuel Chef de l’État, Félix Tshisekedi.
« Le régime qu’ils défendent aujourd’hui de Kabila et le régime de Félix Tshisekedi, c’est le jour et la nuit », a martelé Kabuya, appelant à établir un tableau comparatif clair entre les deux périodes pour, selon lui, démontrer les profondes différences en matière de gouvernance, de libertés et d’orientation politique.
Dans le même discours, Augustin Kabuya s’en est vivement pris à la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Il affirme que son parti détiendrait des preuves de collaboration entre certains responsables de la CENCO et Corneille Nangaa, présenté comme chef des rebelles de l’AFC/M23, responsables de la prise de contrôle de Goma et Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Des accusations graves, lancées dans un contexte sécuritaire tendu, qui risquent de raviver le débat sur le rôle des acteurs religieux et civils dans la crise actuelle.
Pour Augustin Kabuya, cette rébellion ne serait pas indépendante. Il soutient que l’AFC/M23 appartiendrait politiquement à Joseph Kabila, ancien Président de la République. Il rappelle que ce dernier a été récemment condamné par la justice militaire, notamment pour ses liens présumés avec les groupes rebelles opérant à l’est du pays.
À travers cette sortie, le numéro un de l’UDPS cherche à consolider le récit d’une rupture totale entre l’ancien système et le pouvoir actuel, tout en désignant clairement ses adversaires politiques.
Ces déclarations, prononcées devant une base militante acquise, interviennent dans un climat politique déjà polarisé. Elles risquent de provoquer de vives réactions, tant du côté de la CENCO que des proches de l’ancien régime.
Une chose est certaine : en opposant frontalement les deux régimes, Augustin Kabuya entend resserrer les rangs autour du président Félix Tshisekedi et imposer un discours de rupture sans concession avec l’ère Kabila.

