La menace épidémique franchit un nouveau cap critique en République démocratique du Congo. Jusqu’ici épargnée par la 17e épidémie d’Ebola qui secoue l’est du pays, la ville stratégique de Kisangani vient d’enregistrer ses deux premiers cas testés positifs. Face à l’imminence du danger, le gouvernement provincial de la Tshopo a décrété des mesures de restriction d’urgence, interdisant formellement l’introduction de toute dépouille mortelle sur son territoire.
Cette double confirmation médicale, actée ce jeudi 9 juillet 2026 par l’Institut national de la santé publique (INSP), a provoqué une onde de choc au sein des autorités sanitaires. L’un des patients contaminés provient de la zone de santé de Nia-Nia, située dans la province voisine de l’Ituri.
Une décision radicale : les corps sans vie interdits d’entrée
Pour bloquer la chaîne de transmission, le gouverneur de la Tshopo, Paulin Lendongolia, a pris les devants à travers un arrêté d’une fermeté absolue. Depuis le 3 juillet, plus aucun corps sans vie en provenance des zones épidémiques ne peut franchir les limites de la province, « quelle que soit la cause du décès ».
Cette mesure extrême se justifie par une réalité de terrain alarmante exposée par le ministre provincial de la Santé : trois cadavres porteurs du virus ont déjà été interceptés dans la région, l’un au sein d’une morgue et deux autres aux portes de Kisangani. À l’heure actuelle, une quinzaine de personnes ayant été en contact avec ces dépouilles ont été placées en quarantaine stricte.
Blindage sanitaire aux frontières de la province
Parallèlement au déploiement des équipes de l’INSP à Kisangani pour structurer la riposte, le dispositif de contrôle a été quadruplé sur les axes routiers stratégiques.
- Multiplication des checkpoints : Les barrières sanitaires surveillent désormais les points de passage clés d’Avakubi, Bafwasende, ainsi qu’aux points kilométriques PK13 et PK23.
- Contrôles systématiques : Tous les voyageurs en provenance des foyers actifs d’Ebola font l’objet d’un examen obligatoire incluant le prélèvement de la température et la désinfection systématique des mains.
Le bilan lourd de la 17e épidémie
Cette incursion du virus dans la Tshopo complexifie une crise sanitaire déjà particulièrement meurtrière. À ce jour, la 17e épidémie d’Ebola en RDC affiche des statistiques préoccupantes :
| Indicateur | Donnée |
| Nombre de cas confirmés | 1 759 cas |
| Nombre de décès | 600 morts |
| Nombre de guérisons | 750 personnes |
Alors que le foyer principal de l’épidémie reste concentré dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri, l’apparition de cas importés dans le Haut-Uele (Wamba) et désormais la Tshopo fait craindre une extension incontrôlable de la maladie le long des principaux axes de transport nationaux. La réactivité du cordon sanitaire autour de Kisangani sera déterminante pour éviter que le chef-lieu de la Tshopo ne devienne le nouveau cœur de la crise.