Le feuilleton judiciaire autour du Fonds de répartition des indemnisations aux victimes des activités illicites de l’Uganda (FRIVAO) vient de connaître un sérieux coup de théâtre. Invité à comparaître comme renseignant devant la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, l’ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, a non seulement brillé par son absence à l’audience, mais il a également réagi avec une extrême virulence face à l’officier supérieur chargé de lui notifier sa citation à comparaître.
C’est le président de la cour qui a publiquement rapporté l’incident, dévoilant un échange particulièrement tendu entre l’ancien garde des Sceaux et le colonel venu exécuter la décision de justice, accompagné d’un greffier.
« Je connais beaucoup de secrets » : Une confrontation électrique
Alors qu’il se trouve au cœur de l’actualité judiciaire, Constant Mutamba n’a pas caché son exaspération face à ce qu’il qualifie de harcèlement, allant jusqu’à brandir son statut d’ancien membre du gouvernement et à proférer des menaces de déballage public.
« Colonel, tu commences à me suivre jusqu’aux toilettes ? J’ai combattu Corneille Nangaa, j’ai combattu Joseph Kabila… Je suis un ancien ministre de ce pays, je connais beaucoup de secrets. Sais-tu ce que nous nous sommes dit ? Ne viens plus ici. Que ce soit la dernière fois que tu m’apportes ce genre de document. Ils m’ont déjà condamné, qu’ils fassent ce qu’ils veulent », a vivement réagi l’ancien ministre, selon les propos actés par le tribunal.
En évoquant ses anciens adversaires politiques, Corneille Nangaa et Joseph Kabila, Constant Mutamba a rappelé les risques liés à ses combats passés, affirmant que ces derniers disposeraient de réseaux dangereux pouvant représenter une menace directe pour sa sécurité. Estimant détenir de nombreuses informations sensibles issues de son passage au pouvoir, il a clairement laissé entendre qu’il pourrait « tout révéler » si la pression judiciaire persistait.
Absent pour des raisons de santé
Malgré la délivrance de cette citation à comparaître, l’ancien ministre de la Justice ne s’est pas présenté devant les juges de la Cour d’appel de la Gombe. Pour justifier ce rendez-vous manqué avec la justice dans ce dossier hautement sensible du FRIVAO, Constant Mutamba a invoqué des raisons liées à son état de santé.
Cet incident jette un coup de projecteur cru sur les tensions qui entourent le procès FRIVAO, une affaire de détournement présumé de fonds destinés aux victimes de la guerre de Six Jours à Kisangani.
En se braquant face aux auxiliaires de justice et en agitant le spectre de révélations d’État, l’ancien ministre de la Justice fait basculer ce dossier technique dans une dimension politique et sécuritaire explosive. La suite de la procédure s’annonce d’ores et déjà électrique.