L’onde de choc provoquée par les sanctions du Trésor américain n’est pas restée sans réponse. Dans une réaction très attendue, l’ancien président Joseph Kabila Kabange a vivement rejeté les accusations portées contre lui par Washington, les qualifiant d’« injustifiées » et de « dénuées de tout fondement ».
Loin de se laisser abattre par ce qu’il perçoit comme une manœuvre de déstabilisation politique, l’ex-chef d’État a choisi de contre-attaquer sur le terrain de la souveraineté et de la cohésion nationale.
Une défense ferme face aux accusations de Washington
Pour Joseph Kabila, le réquisitoire de l’OFAC qui l’accuse de soutenir les mouvements rebelles comme l’AFC et le M23 relève de la pure calomnie. Ses proches dénoncent une décision politique visant à l’écarter définitivement de l’échiquier congolais.
L’ancien président réaffirme son attachement à la paix, rappelant, selon sa ligne de défense habituelle, qu’il a œuvré pendant près de deux décennies à l’unification du pays.
Pour lui, ces sanctions ne sont que le prolongement d’un climat de tension entretenu par ceux qui cherchent des boucs émissaires aux échecs sécuritaires actuels dans l’Est.
Le plaidoyer pour une « solution politique inclusive »
Au-delà de la contestation des sanctions, Joseph Kabila a profité de cette prise de parole pour lancer un message politique fort. Il estime que la sortie de crise en République Démocratique du Congo ne passera ni par des sanctions internationales, ni par une confrontation armée sans fin, mais par une « solution politique inclusive ».
Ce message sonne comme une invitation au dialogue. En appelant à une approche inclusive, l’ancien président suggère que les problèmes de la RDC ne peuvent être résolus par un seul camp, et encore moins par l’exclusion de figures majeures du paysage politique.
Un climat de plus en plus polarisé
Cette réaction intervient alors que le camp présidentiel (UDPS) multiplie les appels à la mobilisation pour saluer ces mêmes sanctions. Le fossé n’a jamais semblé aussi grand entre “Kingakati” et la “Cité de l’UA”.
En se posant comme le partisan d’une solution négociée tout en fustigeant l’ingérence américaine, Joseph Kabila tente de reprendre l’initiative politique. Reste à savoir si cet appel à l’inclusion sera entendu par le pouvoir en place ou s’il sera perçu comme une énième stratégie de survie politique face à la pression internationale croissante.