Lambert Mende : « Les Congolais peuvent se dire tant que Kagame menace, Tshisekedi doit rester »

Rédaction Mbote
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Le débat sur le changement de la Constitution en République démocratique du Congo vient de franchir un nouveau palier rhétorique.

Invité à s’exprimer sur l’éventualité d’un maintien au pouvoir du président Félix Tshisekedi au-delà de ses mandats constitutionnels, Lambert Mende Omalanga, ancien ministre de la Communication et porte-parole historique du gouvernement, a légitimé cette option en invoquant la théorie du « leadership de temps de guerre ».

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Pour l’actuel député national, l’agression rwandaise impose une stabilité politique exceptionnelle à la tête de l’État, poussant la population congolaise à réfléchir selon une logique de survie nationale.

L’argument sécuritaire pour justifier l’exception politique

Alors que l’opposition multiplie les initiatives pour faire barrage à toute modification de la loi fondamentale à l’instar de la marche de protestation désormais projetée pour le 22 juillet prochain, Lambert Mende choisit de déplacer le curseur sur le terrain de la géopolitique régionale.

Selon lui, la présence persistante de Paul Kagame au Rwanda et la menace sécuritaire qu’il fait peser sur l’est de la RDC forment une équation indissociable de la gouvernance à Kinshasa.

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Il formule ainsi la réflexion qui, selon lui, anime la conscience collective des Congolais :

« Les Congolais peuvent se dire tant que Kagame est au Rwanda en train de menacer le Congo, Tshisekedi doit rester au pouvoir à Kinshasa. Qui peut empêcher ce peuple de raisonner comme ça… ? »

Par cette déclaration, l’ancien porte-parole suggère que la limitation des mandats s’efface d’elle-même devant l’impératif de sauvegarder l’intégrité territoriale sous la direction d’un chef de guerre identifié.

Le parallèle historique avec Franklin Roosevelt

Pour donner un poids historique et démocratique à sa thèse, Lambert Mende n’a pas hésité à dresser une comparaison audacieuse avec la démocratie américaine, citant le cas unique de Franklin Delano Roosevelt, seul président de l’histoire des États-Unis à avoir effectué quatre mandats consécutifs entre 1933 et 1945 :

« …qui peut empêcher ce peuple de raisonner comme ça, comme les Américains l’ont fait pour Roosevelt ? »

Mende rappelle subtilement qu’en pleine Seconde Guerre mondiale, le peuple américain avait choisi de reconduire son leader pour garantir la victoire, bien avant que le 22e amendement de la Constitution américaine ne vienne graver la limite stricte de deux mandats dans le marbre en 1951.

Un pavé dans la mare du débat constitutionnel

Cette sortie médiatique ne manquera pas de faire réagir à Kinshasa, où les tensions politiques restent extrêmement vives. En assimilant le maintien de Félix Tshisekedi à une nécessité de salut public face au régime de Kigali, Lambert Mende fournit des arguments de premier choix aux partisans du changement constitutionnel.

Cependant, pour les opposants et une partie de la société civile, ce parallèle historique est jugé biaisé, la RDC disposant d’un arsenal institutionnel et de forces vives capables d’assurer l’alternance et la défense du pays sans dépendre d’un seul homme.

Le ton est donné pour les semaines à venir, alors que le pays s’enfonce chaque jour un peu plus dans une guerre de tranchées politique.

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