Le gouvernement provincial de Kinshasa réaffirme son engagement en faveur de la salubrité publique tout en cherchant à maintenir le dialogue et la cohésion entre les institutions.
Le ministre provincial de l’Environnement de Kinshasa, Léon Mulumba, a salué ce samedi le travail remarquable accompli par la Task Force du Service National dans l’assainissement de la capitale.
Il s’exprimait lors d’une importante réunion de concertation présidée par le commandant de la Task Force du Service National, le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik. Cette rencontre de haut niveau a réuni l’ensemble des bourgmestres des 24 communes de la ville-province de Kinshasa, visant à renforcer la coordination sur le terrain.
Empêché, le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, s’est fait représenter par son ministre provincial de l’Environnement. Dans son intervention au nom de l’autorité urbaine, Léon Mulumba a félicité les éléments de la Task Force pour les efforts déployés sur le terrain, estimant que leur action contribue significativement à l’amélioration du cadre de vie des Kinois.
Incident à l’immeuble Flamboyant
Une vive altercation avait opposé le ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba, aux agents du Service National déployés autour de la gestion de la salubrité et de la sécurisation du complexe immobilier « Flamboyant ».
Au cœur de la discorde : des méthodes d’intervention jugées disproportionnées et contraires aux lois de la République par le ministre provincial. Alerté par des riverains et des occupants de cet immeuble, Léon Mulumba s’est rendu sur place pour dresser un constat brutal.
Séquestration et travail forcé : des accusations d’une gravité inédite
Selon le ministre, plusieurs citoyens congolais auraient été retenus contre leur gré et soumis à des travaux forcés par les éléments du Service National affectés sur les lieux.
Également juriste de formation, Léon Mulumba n’a pas mâché ses mots face aux agents en uniforme présents sur le site :
« Les corvées sont interdites dans notre pays… Seul la justice peut juger et condamner une personne. Et vous, les adultes, vous ne savez pas réclamer vos droits »
Face aux justifications des agents sur place qui évoquaient des consignes de sécurité et des mesures disciplinaires liées au maintien de l’ordre sur le site, le ton est rapidement monté.
Le ministre avait fermement exigé la libération immédiate des personnes retenues et la cessation de toute forme de punition corporelle ou de travail forcé non réglementé.
Une fracture institutionnelle qui s’élargit
Cet incident à l’immeuble
Flamboyant met en lumière une tension sous-jacente au sein de la gouvernance de la capitale. D’un côté, le Service National, apprécié par une partie de la population pour sa poigne dans les travaux d’assainissement, se voit accusé d’outrepasser ses prérogatives sécuritaires et administratives. De l’autre, l’exécutif provincial tente d’imposer le respect des libertés individuelles et des procédures légales.
Si la présidence et les autorités judiciaires ne sont pas encore formellement intervenues, cette prise de position radicale de Léon Mulumba relance le débat sur les limites des pouvoirs d’action du Service National dans les espaces urbains et résidentiels de Kinshasa.