Le séisme provoqué par l’annonce des sanctions américaines contre Joseph Kabila continue de faire trembler les murs de Kinshasa. Dans une réaction exclusive obtenue ce jour, le Vice-Premier Ministre chargé de l’Intérieur, de la Sécurité et des Affaires coutumières, Jacquemin Shabani Lukoo, a livré une analyse sans détour de la situation.
Pour celui qui pilote la sécurité du territoire congolais, ces mesures prises par le Trésor américain ne sont pas une surprise, mais plutôt l’aboutissement d’un processus attendu depuis longtemps par les autorités de Kinshasa.
« Le concepteur de la déstabilisation »
Interrogé sur la portée de cette décision de l’administration Trump, Jacquemin Shabani ne cache pas une certaine satisfaction mêlée à une pointe d’impatience.
Selon lui, la responsabilité de l’ancien président dans la crise sécuritaire qui ronge l’Est de la République Démocratique du Congo est établie.
« Ce n’est qu’une conséquence logique, même si ça a traîné à venir », a affirmé le VPM de l’Intérieur.
Allant plus loin dans son réquisitoire, il désigne directement l’ancien chef de l’État comme l’architecte du chaos sécuritaire actuel : « C’est Kabila l’instigateur, l’initiateur et le concepteur de la déstabilisation du Congo. »
Un tournant dans les relations Kinshasa-Washington
Ces propos, d’une rare virulence pour un membre du gouvernement de ce rang, marquent une étape décisive. En qualifiant Joseph Kabila de “concepteur” de la déstabilisation, Jacquemin Shabani valide officiellement, au nom de la sécurité nationale, les griefs portés par l’OFAC concernant le soutien présumé à l’AFC et au M23.
Cette première réaction officielle côté Kinshasa donne le ton de la stratégie gouvernementale : isoler Joseph Kabila en s’appuyant sur les conclusions des services de renseignement internationaux.
Un climat de haute tension
Alors que l’UDPS s’apprête à marcher ce samedi pour soutenir ces sanctions, la sortie de Jacquemin Shabani vient renforcer la position du pouvoir en place. En affirmant que ces sanctions ont “traîné à venir”, le VPM sous-entend que Kinshasa disposait déjà de preuves ou de soupçons sérieux bien avant cette annonce officielle.
Le bras de fer entre les partisans de l’ancien et du nouveau régime semble désormais avoir franchi un point de non-retour, avec en toile de fond la justice internationale et la stabilité d’une région en proie à une guerre qui n’en finit pas.