Nouveau tir de barrage au sein de l’opposition congolaise face à l’initiative du pouvoir central.
Invité sur les ondes de la radio Top Congo FM, Delly Sesanga, président du parti Envol et figure majeure de la coalition C64, a exprimé de vives réserves quant à l’opportunité et au format du Dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi.
Pour ce cadre de l’opposition, les contours actuels de cette initiative risquent d’en dévoyer la portée au profit exclusif du camp présidentiel.
Le risque d’une « grande messe de l’Union sacrée »
Analysant les motivations du pouvoir central, Delly Sesanga craint que ces assises ne se résument à un exercice de légitimation politique sans impact réel sur le quotidien des Congolais :
- Un dialogue biaisé : Selon le leader d’Envol, la démarche risque de se transformer en une simple « grande messe de l’Union sacrée », conçue principalement pour renforcer l’assise politique de Félix Tshisekedi.
- Un détournement des priorités : L’opposant estime que le cadre proposé manque de garanties d’inclusivité et ne permettra pas d’apporter des réponses concrètes aux véritables enjeux sécuritaires, économiques et sociaux du pays.
Cap sur l’échéance de 2028
Dramatisant peu la question d’un éventuel blocage ou d’un refus de concertation, Delly Sesanga a tenu à recadrer le débat autour du respect du calendrier constitutionnel :
« On ne force pas le dialogue, s’il ne veut pas le convoquer, c’est son problème. S’il ne veut pas convoquer le dialogue, ce n’est pas grave. Il fera son mandat et, en 2028, il partira », a-t-il déclaré au micro de Top Congo.
En rappelant l’échéance présidentielle de 2028, la coalition C64 et le parti Envol réaffirment leur position : le pouvoir en place doit assumer la gestion du pays jusqu’au terme de son mandat, sans chercher de raccourcis politiques ou d’aménagements institutionnels sous couvert de dialogue.